5
3191 critiques
Dead end suite
Quelque chose, peut-être, se joue en ce moment même dans les salles : les succès d’Obsession et de Backrooms voient débouler de jeunes réalisateurs ayant fait leurs armes sur YouTube, et capables,...
le 18 juin 2026
Avec Backrooms, Kane Parsons signe une œuvre de genre particulièrement ambitieuse, surtout lorsque l'on connaît son parcours : à l'origine un créateur YouTube, il s'impose ici avant tout comme un véritable artiste visuel. Avec un budget estimé à 10 millions de dollars, le réalisateur démontre qu'une vision forte et une maîtrise de la mise en scène peuvent donner naissance à un film d'atmosphère d'une grande richesse.
L'un des grands points forts du film réside sans aucun doute dans son utilisation de la caméra. Le choix du found footage aurait pu être un simple effet de style, mais il devient ici un véritable langage cinématographique. La caméra alterne avec intelligence entre plans en première personne, prises de vue à l'épaule en plans-séquences et moments plus fixes, créant une sensation de vie permanente. Elle semble presque devenir un personnage à part entière, témoin impuissant des événements. Cette approche renforce l'immersion et donne au spectateur l'impression d'explorer lui-même cet espace étrange et inquiétant.
L'ambiance est probablement la plus grande réussite du film. Backrooms parvient à installer un malaise constant sans jamais trop en révéler. La musique accompagne parfaitement cette descente progressive, oscillant entre fascination, curiosité et basculement vers une forme de folie. Il y a dans la manière dont le film raconte son histoire quelque chose de profondément lovecraftien : l'idée d'un lieu qui dépasse notre compréhension, d'une réalité qui semble légèrement déformée, d'un univers dont nous ne percevons qu'une infime partie. Le film préfère suggérer plutôt qu'expliquer, et c'est précisément ce qui fait sa force.
Le casting, volontairement minimaliste, mérite également d'être souligné. Chaque personnage apporte une dimension particulière au récit. Clark fait preuve d'une grande justesse et d'une vraie sensibilité, ce qui rend son parcours particulièrement touchant. Mary, quant à elle, possède un détachement dans le regard qui brouille constamment notre perception d'elle. Elle semble presque être le reflet du spectateur lui-même : une observatrice qui découvre cet endroit avec nous, permettant à chacun de projeter ses propres interrogations sur ce monde.
Car c'est peut-être là toute la réussite de Backrooms : le film refuse de donner une réponse définitive. Que sont réellement ces lieux ? Un rêve ? Une réalité alternative ? Un monde miroir imparfait ? Une expérience scientifique qui a échappé à tout contrôle ? Une manifestation d'une autre forme d'existence ? Toutes les interprétations restent possibles, et le film nous laisse volontairement le plaisir de construire notre propre vision.
Au final, Backrooms représente pour moi une véritable réussite dans le cinéma de genre. Kane Parsons prend des risques, propose une identité visuelle forte et démontre qu'il est possible de renouveler une approche parfois usée comme le found footage. Le résultat est une expérience immersive, étrange et fascinante, qui laisse une empreinte bien après le générique.
Une nouvelle voie semble s'ouvrir pour le film de genre, et après cette première expérience, une chose est certaine : on en redemande.
Créée
le 18 juil. 2026
Critique lue 6 fois
5
3191 critiques
Quelque chose, peut-être, se joue en ce moment même dans les salles : les succès d’Obsession et de Backrooms voient débouler de jeunes réalisateurs ayant fait leurs armes sur YouTube, et capables,...
le 18 juin 2026
5
2403 critiques
Tout d’abord, une petite précision : je ne connais absolument pas l’œuvre antérieure du youtubeur Kane Parsons (ou Kane Pixels !) — oui, quand on pense à ce film et aussi à l’excellent Obsession de...
le 18 juin 2026
8
1495 critiques
Il y a effectivement dans Backrooms de quoi en perdre son latin. Parce que le masqué a déjà failli quitter la salle en hurlant à l'escroquerie, devant les premières scènes shootées en found footage...
le 20 juin 2026
8
17 critiques
Avec Backrooms, Kane Parsons signe une œuvre de genre particulièrement ambitieuse, surtout lorsque l'on connaît son parcours : à l'origine un créateur YouTube, il s'impose ici avant tout comme un...
le 18 juil. 2026
8
17 critiques
8/10. Deux Sœurs est de ces films qui s’imposent avec une délicatesse rare, tout en laissant une empreinte durable. Une œuvre à la fois douce et profondément troublante, où chaque élément semble...
le 18 avr. 2026
7
17 critiques
Que dire de Seul contre tous ? C'est sans aucun doute l'un des films les plus dérangeants que j'ai pu voir. Une œuvre qui met profondément mal à l'aise du début à la fin, et qui semble prendre un...
le 25 juin 2026
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème