« Il y a autre chose, ici. Faites-moi sortir »

L’ivresse conceptuelle d’un vide savamment orchestré

- J’ai bu quelques verres
- Définis "quelques"

Clark, paisible commerçant en mobilier, découvre au tréfonds de son échoppe un huis mystérieux ouvrant sur les Backrooms — cette dimension labyrinthique et hostile enfantée par le folklore internet. Sa thérapeute, Mary, s’aventure à sa suite dans ce dédale interdimensionnel afin de l’arracher aux entités qui l’y tiennent captif.

Est-ce que t’es un pirate ou un sultan ?

I. Un néophyte égaré dans les limbes d’Internet

Il me faut confesser, non sans une gêne certaine et une componction toute contrite, l’ignorance profonde dans laquelle je me trouvais plongé quant à ce phénomène né des tréfonds les plus obscurs du réseau mondial, ces espaces dits « intermédiaires » dont l’existence virtuelle m’était jusqu’alors totalement étrangère, presque abstruse — et il me faut avouer, au sortir de la projection, ne point être assuré, en mon for intérieur, d’en avoir pleinement pénétré les tenants et les aboutissants. Pour l’humble amateur de cinéma en quête d’un divertissement franc ou d’une matière à méditation consistante, l’entreprise se révèle d’une abstraction rébarbative et impénétrable à qui ne possède point les clefs ésotériques de cette mythologie numérique contemporaine.


II. Une trame squelettique, incapable de porter le poids du format long

L’intrigue, réductible à trois lignes tout au plus, s’avère cruellement dépourvue de la substance nécessaire pour justifier l’ampleur considérable d’un long-métrage. Nul scénario véritable ne vient guider le spectateur à travers ce dédale abscons, nul fil conducteur ne se dessine avec quelque netteté, nul enjeu dramatique tangible auquel s’accrocher pour nourrir son attention comme son inquiétude. Pis encore, cette carence congénitale prive l’œuvre de toute profondeur méditative comme de toute frayeur véritablement mémorable — le vide conceptuel, en l’occurrence, ne se mue jamais en gouffre existentiel digne de ce nom, mais demeure obstinément, platement, un vide tout court. Le rythme, délibérément engourdi, voire comateux, achève de conférer à l’ensemble une torpeur qui touche dangereusement à l’assoupissement pur et simple.


III. Une méfiance a priori envers l’héritage des réseaux sociaux

Je ne compte guère, il faut bien l’admettre sans détour, parmi les thuriféraires les plus zélés de cette génération de créateurs forgée dans le creuset bouillonnant des plateformes numériques, et Kane Parsons ne constitue nullement, à mes yeux les plus circonspects, une exception notable à cette réserve tenace.


IV. Une folie visuelle qui redonne souffle au genre

Il convient cependant, par une équité critique que je me dois de cultiver, de reconnaître ce que cette entreprise recèle d’indéniablement salutaire : quand tant de films d’épouvante contemporains se contentent de ressasser des recettes éculées jusqu’à la corde la plus élimée, le réalisateur insuffle une bouffée d’air résolument neuf à un genre trop souvent sclérosé, engoncé dans ses propres formules. Si Backrooms ne parvient guère à effrayer autant qu’on eût pu l’espérer, l’œuvre conserve pour elle cette folie visuelle intrinsèque à son univers, toujours intrigante, parfois franchement dérangeante, qui témoigne d’une inventivité plastique digne des plus vifs éloges, malgré les réserves substantielles qui précèdent.

Trilaw
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le 21 juil. 2026

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Trilaw

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