5
le 18 juin 2026
SuivreDead end suite
Quelque chose, peut-être, se joue en ce moment même dans les salles : les succès d’Obsession et de Backrooms voient débouler de jeunes réalisateurs ayant fait leurs armes sur YouTube, et capables,...
Tous les ingrédients étaient là pour réaliser cette belle recette : un univers culte, une esthétique liminale maîtrisée et une vraie idée de fond sous l'horreur. Dommage que quelques choix structurants viennent la gâcher en cours de route.
Ce qui déçoit le plus, c'est le début. On entre dans le film par une longue mise en place qui traîne, certes sauvée au bout d'une heure par une exposition enfin rythmée, mais qui arrive de justesse. Heureusement, une fois dans les Backrooms, la mise en scène se rattrape largement : l'ambiance liminale est superbement tenue, et la scène du repas comme la course-poursuite finale vers la sortie comptent parmi les plus belles idées visuelles du film.
L'autre problème touche davantage à l'écriture. Backrooms se lit comme une métaphore de l'inconscient, mais le film nous le raconte trop : il nous le dit frontalement dès l'ouverture, à travers ce ce qui se dit en thérapie. C'est explicite, un peu trop. Cette idée aurait pu rester plus tue, plus laissée à l'interprétation, si la première partie avait creusé ses personnages au lieu de les poser uniquement comme de futurs déclencheurs de trauma. Résultat, ils restent définis par leurs triggers : lisibilité symbolique forte, épaisseur de personnage faible.
C'est justement sur ce terrain symbolique que le film se rattrape, à travers les trajectoires de Clark et Mary, qui se répondent en miroir. Clark reproduit ses schémas en boucle et les fait subir à ceux qui l'entourent (la scène de la perruque, glaçante, en est l'illustration la plus nette). Il a plusieurs fois l'occasion de rompre ce cycle, mais choisit à chaque fois de rester dans un connu qui fait souffrir plutôt que d'affronter l'inconnu. Mary, quant à elle, emprunte le chemin inverse : elle retourne sa propre blessure d'enfance (symbolisée par le bout de chemin de sa maison d'enfance) en arme pour vaincre le "schéma" de son patient. C'est l'un des plus beaux moments du film, et le seul vrai geste d'espoir qu'il propose. Un espoir qui reste toutefois local, pas structurel : le dernier plan montre un double de Mary, figé, enfermé dans les Backrooms, dont on ignore s'il a une conscience propre.
Une fin ouverte, qui laisse plus de questions que de réponses. Et pour un film qui en dit trop par moments, c'est un soulagement.
Créée
le 30 juil. 2026
Critique lue 9 fois
5
le 18 juin 2026
SuivreQuelque chose, peut-être, se joue en ce moment même dans les salles : les succès d’Obsession et de Backrooms voient débouler de jeunes réalisateurs ayant fait leurs armes sur YouTube, et capables,...
5
le 18 juin 2026
SuivreTout d’abord, une petite précision : je ne connais absolument pas l’œuvre antérieure du youtubeur Kane Parsons (ou Kane Pixels !) — oui, quand on pense à ce film et aussi à l’excellent Obsession de...
8
le 20 juin 2026
SuivreIl y a effectivement dans Backrooms de quoi en perdre son latin. Parce que le masqué a déjà failli quitter la salle en hurlant à l'escroquerie, devant les premières scènes shootées en found footage...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème