Je pense que l'arme à feu est l'arme la moins létale de Ballerina, sauf peut-être le lance-flamme qui a quelques mérites. Mais le tueur en série incontestable du film reste l'incroyable cruauté des metteurs en scènes. Balles en caoutchouc, patin à glace, glock-couteau, katana, et tout ce que vous voulez, chaque séquence innove et s'impose de nouvelles contraintes pour rendre les combats d'Ève aussi gestuels et chorégraphiés qu'une danseuse en action.


Et le film a le sens de l'humour sur ce point. Après les affrontements dans l'hôtel continental de Prague, Ève se rend chez un vendeur d'armes où se trouvent tous les fusils automatiques imaginables, mais se font interrompre en pleine négociation, et doivent s'en tenir aux grenades à bout portant et aux portes en plomb en guise de bouclier.


Hellstart, village allemand (un hasard dira-t-on) de la dernière partie, est une secte millénaire où tous les habitants sont entraînés aux affrontements depuis leur enfance, et Ève aurait dû grandir ici et revient se venger de son chancelier (qui a un air de famille avec Pujadas). Très jouissif d'y avoir enfermée Ève, et de la faire traquer par une communauté entière de civils, de la restauratrice au boucher. C'est un terrain de jeux bien exploité qui n'est même plus limité par les intérieurs ni par d'insolents civils innocents, on peut tout traverser et tout tuer maintenant.


S'être limité à 1h30 était bien choisi. L'intrigue garde son énergie de bout en bout, et ne s'essouffle dans des enjeux périphériques, elle se déploie et se referme sans accroc en conservant notre vivacité attentionnelle.

Beaucoup d'efforts ont été fournis en parallèle sur les visuels et les jeux de lumières. On sent vraiment la volonté à produire un film d'action qui a fière allure, et c'est tout à leur honneur. Je suis dubitatif concernant les éclairages couleur or à toutes les sauces, ils sont un peu exagérés lors des dialogues quand même, mais les plans plus élargis en profitent plus qu'ils n'en payent le prix.


Ballerina c'est 90min de délectation défoulante qui nous fait voir ce qu'on aurait eu du mal à retrouver dans les standards actuels des films d'action.

Arthur-la-mur
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur.

Créée

le 10 juil. 2025

Critique lue 6 fois

Ballerina

Ballerina

4

Plume231

le 5 juin 2025

Suivre

Mourir peut attendre... le scénario aussi !

Ballerina... pardon... si on est plus précis : De l'univers John Wick : Ballerina... oui, parce que Hollywood, depuis un certain temps, n'étouffe pas sous les gros succès commerciaux. En conséquence,...

Ballerina

Ballerina

7

Behind_the_Mask

le 4 juin 2025

Suivre

Marave-les comme John Wick ?

Il n'aura pas fallu attendre longtemps avant de passer outre la mort apparente de John Wick et ainsi faire fructifier un univers de plus en plus étendu.Je ne reviendrai pas pour ma part sur cette...

Ballerina

Ballerina

6

lugdunum91

le 6 juin 2025

Suivre

Ballerina : La danse de la mort… avec quelques faux pas

J’étais curieux. Pas spécialement hypé, mais curieux. Le John Wick-verse s’élargit encore, et avec Ana de Armas en tête d’affiche, je me suis dit : "Allez, pourquoi pas." Résultat ? Un spin-off pas...

Stop Making Sense

Stop Making Sense

8

Arthur-la-mur

le 10 juil. 2025

Suivre

Convulsions musicales d'une crise identitaire universelle.

Film-concert du début à la fin, le projet initial ne se fait pas parasiter par d'autres éléments qui auraient fait fausses notes.A l'heure des plates-formes musicales en ligne, on jouit d'une grande...

Les Graines du figuier sauvage

Les Graines du figuier sauvage

8

Arthur-la-mur

le 10 juil. 2025

Suivre

Emancipations à rebours et à échelles différées.

Ce que met en avant Rassoulof est une sororité à toute épreuve, mais qui traverse des conflits internes du fait des volontés individuelles qu'elle contient. Au conformisme protecteur de Nejmeh il y a...

Tu ne mentiras point

Tu ne mentiras point

7

Arthur-la-mur

le 10 juil. 2025

Suivre

Charbons viciés de l'Irlande oubliée.

(3.25). 1985, cette petite ville des Landes irlandaises, encore sous l'emprise des clochers chrétiens, nous ferait presque croire qu'elle appartient toujours à l'époque victorienne. Chauffage au...