Basic Instinct s’ouvre sur une scène choc typiquement vehroevienne. Verhoeven réalise ici un thriller palpitant en utilisant les codes du genre tout en y ajoutant la dimension érotique qui a sans aucun doute participé au succès ou au rejet du film.
Michael Douglas campe avec brio, Nick Curran, un inspecteur brisé, se débattant avec un lourd passé, sans cesse prêt à exploser et luttant pour se dominer.
Sharon Stone campe Catherine Tramell, une redoutable blonde manipulatrice et séductrice tandis que son pendant, Dr Beth Garner, est une brune apparemment le type même de l’innocence, campé par l’actrice Jeanne Tripplehorn.
Les crimes qui ont lieu se déploient à la lettre des histoires inventées par Catherine Tramell dans ses livres. Elle se trouve, par-dessus le marché, avoir des relations avec chacune de ces victimes. Michael Douglas est persuadé de sa culpabilité, mais aussi troublé par l’attractivité qu’elle exerce sur lui. Fragilisé, il cède très facilement en prétextant garder le contrôle, se retrouve dans ses bras et s’attend à être la prochaine victime. Mais à son contact, il se persuade finalement de l’inverse. Nous retrouvons là des points communs avec la trame du film néerlandais de Verhoeven De Vierde Man, mais pris à l’envers. Alors que Gérard se persuade de la culpabilité de Christine, Nick bascule et finit par se persuader de l’innocence de Catherine. Mais surtout, il la veut innocente ! Quant à choisir, ça l’arrangerait mieux que Beth soit la coupable !
Basic Instinct est un thriller intelligent qui brouille les cartes, nous fait croire à la culpabilité puis à l’innocence tour à tour de Catherine et de Beth. Le jeu psychologique entre Catherine et Nick est très prenant: jeu de domination, de manipulation, de séduction. L’histoire joue avec nos nerfs, nous faisant penser à plusieurs reprises que Nick va se prendre le coup de pic fatal. La finale laisse présager que l’histoire n’est peut-être pas finie… Chacun peut la continuer librement dans sa tête ……