Avec son scénario le plus cher de l'époque (3 millions de dollars) écrit en une semaine, Joe Eszterhas décroche le jackpot, et d'un réalisateur inspiré pour le mettre en scène.

Verhoeven n'en finit pas de guider le regard du spectateur en multipliant les mouvements d'appareil, glissant tel un serpent dans chaque recoin des décors.

Sharon Stone s'avère le choix idoine, actrice séduisante et intelligente, elle donne à Catherine Tramell les deux armes létales pour enfermer le nerveux Michael Douglas dans une relation aussi vénéneuse que piégeuse.

Le sexe est une arme chez Verhoeven, (cf la scène de viol dans "La chair et le sang"), et les hommes, des pantins pétris de convictions qui s'avèrent être leur perdition, les cènes de sexe sont des affrontements, des bras de fer, où la force n'est d'aucune utilité, et Paulo est un aître en la matière, bien plus subtil que pas mal de ses confrères.

Catherine Tramell a toujours un ou deux coups d'avance, se joue des hommes qui semblent, eux, au ralenti, et brouille tout ce qui pourrait couler de source.

Les seconds rôles sont tous excellents, chaque comédien joue sa partition de concert, ainsi, cette bande de flics est d'une crédibilité remarquable, leurs interactions d'une cohérence bluffante.

La musique de Goldsmith, proche des scores de Bernard Hermann, offre des compositions très aériennes, et habille remarquablement le film, tour à tour menaçante à coup de cordes agressives, et planante et angoissante quand il le faut, un travail marquant d'un génie de la musique de film.

Basic instinct rendra le thriller érotique à la mode, mais aucun ersatz ne parviendra a trouver la bonne formule, il faudra attendre 1999, et le génial "Wild things" de John McNaughton pour retrouver un tel tour de force.

Le plan final de "Basic instinct" est génial, propose au spectateur de finir lui-même le récit, et il y a fort à parier que Nolan y a pensé pour son "Inception".

Sharon Stone deviendra une star, mais seul Scorsese avec "Casino" saura lui donner un rôle digne de son talent, et sa carrière restera comme pas mal d'acteurs, sclérosée par un seul film.


jenanaipa
7
Écrit par

Créée

il y a 1 jour

Critique lue 3 fois

Basic Instinct

Basic Instinct

10

B_Jérémy

le 29 sept. 2018

Suivre

Le génie malsain et machiavélique de Paul Verhoeven

Il y eut un bref éclair argenté dans sa main, un éclat métallique, aiguisé et mortel. Sa main droite s'abattit, vive et cruelle, l'arme transperçant sa gorge pâle que son sang peignit ...

Basic Instinct

Basic Instinct

7

Sergent_Pepper

le 20 sept. 2015

Suivre

Hockney sur glace

La comparaison entre les premiers films de Verhoeven dans sa période néerlandaise et Basic Instinct est intéressante sur plus d’un point. Sa carrière américaine est alors déjà bien lancée, mais dans...

Basic Instinct

Basic Instinct

8

Ugly

le 4 août 2016

Suivre

Sexe et pic à glace

Avec ses scènes d'un érotisme assez torride pour l'époque en 1992, la musique envoûtante de Jerry Goldsmith, son mécanisme de l'intrigue sataniquement agencé, l'étrange volupté du personnage de...

Lovedrive

Lovedrive

8

jenanaipa

le 7 janv. 2018

Suivre

Nouvelle ère.

Avec le départ de Uli Roth, les Scorpions délaissent le coté prog aérien, et les envolées hendrixiennes de ce dernier, pour mettre les pieds en plein dans le heavy, style qu'ils contribueront à...

L'Autoroute - Akira, tome 1

L'Autoroute - Akira, tome 1

9

jenanaipa

le 3 sept. 2016

Suivre

Highway to hell.

Difficile de ne pas être scotché dès ce premier tome. De part le style graphique déjà, qui accroche l'oeil immédiatement, Ôtomo met en place un espace urbain fascinant, on y voit un Tokyo décrépi,...

Évanouis

Évanouis

7

jenanaipa

le 18 août 2025

Suivre

Il sait encore faire.

Le cinéma US sait encore sortir de ses franchises et autres remakes et ainsi proposer des films rafraichissants en matière de fantastique, et "évanouis" cultive cette volonté d'être un film à part...