‘Basic Instinct’ est souvent réduit à une seule scène, mais le film de Paul Verhoeven est mémorable par bien des aspects.
De l’introduction cinglante, aussi torride que violente, jusqu’aux pics de tensions du final, le thriller tient le spectateur en haleine. A la manière de ‘The Game’, le scénario prend un malin plaisir à nous conforter puis à nous faire douter de la culpabilité de Catherine Tramell. Le procédé pourrait finir par être agaçant si ‘Basic Instinct’ ne biaisait pas totalement le jeu : sous le charme insensé d’une Sharon Stone déifiée par la caméra, enquêteur et spectateurs se laisseront prendre au piège. Même si l’issue du récit ne fait aucun doute, on finira tout de même par espérer que la femme fatale n’en soit pas une. Et c’est par ce tour de force improbable qu’on réalise à quel point ‘Basic Instinct’ est réussi.
Ce succès repose principalement sur le couple d’acteurs principaux. Outre le magnétisme de Michael Douglas et le sex appeal de Sharon Stone, ces derniers profitent de dialogue mêlant menaces et séductions parfaitement savoureux.
Par ailleurs, Paul Verhoeven fait preuve d’une grande maîtrise dans sa mise en scène. Les paysages de San Francisco sont magnifiques, les scènes de sexe sulfureuses, et une tension palpable pèse sur l’ensemble des plans. On notera encore une bande-originale efficace de Jerry Goldsmith.
Un thriller aussi irrésistible que son personnage principal.