Ce film a fait les gros titres des journaux à scandale du début des années 90, et il ne les a pas fait pour rien : avec les prototypes de femme fatale voire de sorcière douée de pouvoirs quasi-surnaturels qui parvient à garder les hommes à ses pieds et à contrôler le déroulement des évènements, le film se pose presque en film de mœurs plus qu'en thriller. Des critiques ont accusé le film d'être féministe radical tandis que d'autres y voit une féroce misogynie. Catherine Tramell (Sharon Stone) use et abuse du faible des hommes et de leur mentalité encore pleine de relent machiste. Le film a marqué les esprits, bien sûr par l'excellence de ses acteurs, mais aussi par les rapports de force et les jeux de manipulation de ses protagonistes, plus que par son scénario un peu creux. Ces films extrèmes (comme Tueurs nés dans un autre registre) sont essentiels pour faire le point sur un sujet de société resté longtemps en suspens. Les films sur les femmes fatales se sont ensuite multipliés, mais ils n'avaient, après ce film-ci, plus rien à dire.