Luis Buñuel n'est pas du tout un réalisateur prévisible mais en général, quand on lance un de ses films, on sait que les bourgeois vont prendre cher.
Et là dès le début de Belle de jour on s'en prend une. Les dialogues sont crus, c'est volontairement déstabilisant de nous plonger dans la tête de cette jeune femme d'office comme ça et puis on va voir où de tels fantasmes vont la mener, avec les moyens qu'elle a.
J'avoue que je ne pensais pas que Deneuve était allé aussi loin pour un rôle dans sa carrière, et c'est fou de la voir dans ce registre parce que les personnages qu'elle interprète habituellement sont assez "sages", voire un peu coincés. C'est le cas ici d'ailleurs, mais ce n'est qu'une façade et le film va de plus en plus loin dans sa représentation de la prostitution vécue comme un exutoire (toxique quand même) par une femme qui n'est pas socialement prédisposée à s'y mettre.
C'est passionnant à regarder car c'est toujours inattendu, immoral à souhait mais cohérent, et je trouve que le film se termine pile comme il devait se terminer, en bouclant la boucle.