Tenter d'être à la fois bref, concis, envers ce que je considère comme le film de science fiction le plus abouti qu'il m'ait été donné de voir. Voilà le défi que je tente en ce vendredi après-midi.
Je me souviens de mon premier visionnage comme si c'était hier: aucune attente particulière, juste une VHS recommandée par le loueur du coin. Une autre époque. Les plus jeunes ne comprendront sans doute pas. Quelque part c'est triste d'y penser.
Et là. La claque...
Niccol a sans doute réussi l'une des adaptations les plus intemporelles d'un monde que l'on appelait jadis "demain" et qui se trouve être dorénavant "aujourd'hui".
Où lorsque tout fonctionne à la perfection, du casting, merveilleux, a l'esthétisme minimal très en avance pour l'époque jusqu'à la formidable bande son de Nyman. Qu'attendre d'autre qu'une merveille de divertissement cinématographique ? Et bien en ce qui me concerne, Gattaca m'a apporté bien plus qu'un simple bon moment; ce que bien peu d’œuvres ont réussi à me procurer durant mes quelques années passées en ce monde, en vérité: "l'Espoir".
Il fait partie de ces rares instants de pureté qui ont sans doute conditionné mon existence entière. Quelque part, j'ai compris ce jour là que les seules barrières qui existaient vraiment, étaient celles que notre société nous dresse. Cela peut sembler naïf, mais du haut de mes quinze ans, il m'a fallu la prouesse d'un réalisateur qui excelle à mettre en scène les personnages 'seuls contre tous', pour me rendre compte que la seule limite était le ciel. Et encore.
Je pourrai parler des heures de l'élégance de la mise en scène, de la pureté du cadre, de la géniale sobriété de l'écriture. Mais finalement à quoi bon ? Je ne serai jamais objectif. Je suis conquis et à chaque visionnage un peu plus. Je suis un amoureux de Jérôme Moreau, ce personnage qui se désincarne, comme pour mieux nous faire comprendre qu'il sommeille en chacun de nous. Non, à bien y penser, Je suis Jérôme Moreau. Comme bon nombre d'entre-vous.
Merci Monsieur Niccol.