Je dois l'avouer, Big est l'un de ces films qui résiste au temps, même si mon regard sur lui a évolué. Le postulat de départ est d'une simplicité géniale : Josh Baskin, un gamin frustré par sa taille devant une machine de foire désaffectée (Zoltar), formule le vœu d'être « grand » et se réveille à 12 ans dans le corps d'un homme de 30 ans (interprété magistralement par Tom Hanks). Ce qui me touche le plus dans cette histoire, c'est qu'elle explore un fantasme universel : celui de la liberté totale de l'âge adulte, mais avec l'innocence et le regard neuf de l'enfance. C'est le cœur battant du film.
L'Humour et le Génie des Scènes Culte
- Ce qui élève la note, ce sont les moments de pur génie comique et d'émotion qui découlent directement de ce décalage. Voir Josh naviguer dans le monde du travail est hilarant. Son manque total d'inhibition et son authenticitédéconcertante le propulsent au sommet dans une entreprise de jouets. Il ne se soucie pas des marges de profit ou des études de marché ; il veut juste savoir si le jouet est amusant.
- La scène emblématique du piano géant avec son patron, M. MacMillan, est un chef-d'œuvre. Ce n'est pas juste une séquence amusante ; c'est une métaphore puissante : l'adulte doit se baisser au niveau de l'enfant pour retrouver le vrai plaisir, pour comprendre la magie.
Les Zones d'Ombre : La Romance Adulte
- Cependant, là où le film perd des points pour moi, c'est dans la gestion de la relation amoureuse entre Josh et Susan. Même si le film a fait preuve d'une grande prudence scénaristique pour minimiser l'aspect étrange en insistant sur le fait que Susan est attirée par sa pureté et sa gentillesse, et que Josh est encore inexpérimenté, cette intrigue me met toujours un peu mal à l'aise.
- Je comprends son rôle dramatique : elle pousse Josh à s'intégrer totalement au monde adulte, y compris dans ses complexités émotionnelles. Mais je trouve que l'histoire se concentre trop sur cette romance au détriment de l'amitié formidable entre Josh et Billy. J'aurais préféré voir plus d'aventures du duo d'amis naviguant dans New York. C'est l'une des raisons pour lesquelles je ne peux pas lui donner la note maximale.
La Performance Inoubliable de Tom Hanks
- Il est impossible de parler de Big sans louer la performance de Tom Hanks. Il ne joue pas un adulte qui fait semblant d'être un enfant, il joue un enfant piégé dans un corps d'adulte. Sa gestuelle, son regard, sa façon de bouger son corps avec une maladresse juvénile comme lorsqu'il mange du caviar ou qu'il utilise le téléphone est absolument parfaite. Il réussit à nous faire oublier qu'il est un adulte, ce qui rend la fin, le retour à la réalité, d'autant plus émouvante.
Conclusion
Big est un classique touchant qui nous invite à ne jamais oublier la perspective joyeuse et sans filtre de l'enfance. C'est une œuvre essentielle des années 80 qui pêche juste par quelques choix narratifs dans son développement secondaire.