<em>Bigamie</em>, tout aussi distant mais bien plus intéressant, est moins un récit qu’une enquête morale soucieuse de bien prendre en charge le public fifties en donnant à chaque personnage d’indiscutables raisons, en se faisant l’avocat de tous, et en anticipant par la voix-off l’inconfort du spectateur. Ce permanent statu quo ne crée que des scènes contrites, toutes entières centrées sur un gêne, un souci, une souffrance (le jeu nerveux et rentré d’Ida Lupino, ruminant mille douleurs, en est le meilleur emblème). En résulte un film intriguant, à la fois empathique et distant, comme un trait d’union entre le mélodrame et le drame psychologique à thèse des années 50-60 (qui n’aura pas souvent, comme ici, ce souci sincère de chaque personnage).
(<a target='_blank' rel='noopener noreferrer' href="https://www.underthedeepdeepsea.com/notes-sur-les-films-vus-7/">source</a>)