Foin de métaphores. Faisons fi de toutes celles, faciles ou non, qui ne manquent pas de venir à l'esprit à chaque plan de ce magnifique film et laissons-nous porter tel l'oiseau – même pas moqueur – par le souffle de liberté qui en émane. Pascale Ferran nous invite à célébrer le mariage réussi de la fiction et du documentaire, du réalisme et de l'onirisme, de la trivialité et du fantastique. Film sur le point de rupture, film sur le second souffle, cette œuvre hybride improbable nous emmène loin en nous-mêmes, loin avec elle, loin après elle, pour peu qu'on laisse libre court à nos aspirations profondes. Bird People, c'est un peu comme si la Sofia Coppola de Lost In Translation avait adapté un bouquin de Haruki Murakami, avec un truc en plus. Un truc indéfinissable qui doit n'appartenir qu'à Pascale Ferran. On marche ou on ne marche pas. En ce qui me concerne, je ne marche plus, je vole.