Devenu une véritable star du cinéma d'action hong kongais, Jet Li continue sur sa lancée sans arrêter, quitte à endosser des rôles un peu plus extravagants. Se rapprochant de plus en plus des productions américaines vers la fin des années 90 (qui annoncent justement son départ pour Hollywood), l'acteur asiatique campe en 1996 le rôle de Black Mask, héros du manhwa éponyme créé par Li Chi-Tak (inédit en France).
Ce héros, masqué donc, combat l'armée de super-soldats génétiquement modifiés dont il faisait partie et empêche à l'occasion les malfrats de faire leurs sales besognes. Un rôle plutôt inhabituel pour l'as de la tatane nouvelle génération qui se voit ainsi grimé d'un accoutrement très proche de celui de Kato dans Le Frelon Vert... Produit par Tsui Hark, l'adaptation est donc fortement calibrée pour nous en mettre plein la vue à grands coups d'explosions, de gunfights et de combats câblés dans la pure tradition des films d'action hong kongais.
Et si le scénario ne sonne pas vraiment original (on pense indubitablement à Universal Soldier), c'est surtout dans la mise en scène que le bât blesse le plus. Confié au méconnu Daniel Lee, le film contient quelques défauts ternissant ce qui aurait pu être l'un des meilleurs films de super-héros asiatiques : flashbacks mal présentés, cadrages grossiers, gros plans incessants et surtout montage un brin trop rapide nuisant grandement à la qualité des scènes d'action. Pourtant, c'est grâce à une violence sans retenue et une touche gore surprenante que Black Mask arrive à se différencier des habituelles productions du genre.