Cinéaste inégal qui vient d'enchaîner son plus mauvais film avec "The Whale", drame glauque et larmoyant taillé pour les oscars, et le très chouette et étonnamment humble "Pris au piège" aux allures de polar 90s décalé, Aronofsky a tout de même en ce qui me concerne quelques vrais sommets au compteur, et qu'importe si ce "Black Swan", habité par une Natalie Portman obsessive et névrotique dans son meilleur rôle, doit énormément à Satoshi Kon et en particulier à l'inégalable "Perfect Blue" : le film fonctionne sacrément bien dans l'opéra mental presque horrifique à la Argento/De Palma, et via ce contraste coutumier entre formalisme étouffant (qui en devient presque une allégorie des inhibitions et de la rigueur maladive du personnage) et chaos sous un crâne d'une monomanie menant comme souvent chez l'Américain à la paranoïa, la folie et l'autodestruction.