Blame!
6.2
Blame!

Long-métrage d'animation de Hiroyuki Seshita (2017)

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Blame! broyé par son format ? L'ironie aura voulu que les gars de Netflix, qui produisent pourtant pléthore de séries chaque année, aient choisi de compresser, comprimer, asphyxier la trame d'un manga de 10 volumes dans un film de 1h45. Visuellement impressionnant, ça on est d'accord, mais le produit fini est pollué par des choix artistiques et de mise en scène complètement à côté de la plaque.


Le plus gros décalage, c'est surement la place qui est accordée aux dialogues. Dans le manga, on pouvait tourner vingt pages sans qu'aucun mot ne soit prononcé, chose parfaitement normale puisque l'accent est mis sur l'aspect contemplatif des décors, de la ville en constante expansion, et que l'action suit un seul personnage, Killy, un infiniment petit dans l'infiniment grand. Mais dans un film, pas le temps d'être contemplatif, et du coup ça cause absolument sans arrêt pour que le spectateur avale bien la trame scénaristique, le terminal génétique, les exterminateurs et tout le reste. Et ici, on suit tellement de personnages qu'on en vient à se demander si le héros n'est pas davantage Zuru que Killy, ce dernier étant réduit au rôle de silhouette inquiétante qui prononce à peine 50 mots dans tout le film.


Même constat pour la musique. Sérieux, je vous dis Blame!, vous me répondriez "musique symphonique qui fait pouet" ? Là encore, quand on regarde le manga, on aurait pu s'attendre à quelques chose de plus discret, de plus expérimental. Mais là encore, on est à des années-lumières d'une oeuvre contemplative : on assiste ici à un film avec une structure conventionnelle de type situation initiale / péripéties / combat final / résolution, ce qui explique surement pourquoi à la fin, la musique pète complètement un câble et tire dans les aigus lorsque Killy s'éloigne et repart à la recherche du terminal génétique et que tout le monde l'admire comme s'il était un putain de super-héros Marvel.


Et vraiment, j'ai beaucoup de respect pour les gens ont regardé l'adaptation sans avoir lu les bouquins parce que personnellement, je sais pas si j'aurais tout compris. Dans mes souvenirs, Blame! en manga, c'était parfaitement compréhensible au début puis ça devenait super perché sur la fin (faut avouer), mais là c'est court ET confus. Dommage, parce que l'animation déboîte tellement qu'on aurait bien repris un peu de rab histoire de se laisser aller dans ces innombrables décors sans début ni fin.

Yoth
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le 25 mai 2017

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