Je continue tranquillement et dans le désordre la filmo de NWR. En solo, la Tite Fleur m’ayant abandonné dans les bas fonds danois. Chronologiquement, on est après le premier Pusher, ceci expliquant les nombreuses similitudes.
Copenhague, fin de siècle. Cinq personnages. Léo et Louise qui sont en couple et Léo est vaguement un gros con. Lenny est le gars gentil et timide qui bosse dans un vidéoclub. Louis, cinglé notoire. Léa, gentille employée d’un fast-food sans client. Tout ce monde-là se tourne autour, quitte à se taper dessus.
On pensera à différents films. Clerks, Trainspotting, Pusher et l’univers de Tarantino. De belles références donc. Pour autant, il ne s’agit pas d’une copie et encore moins d’un plagiat. S’il doit y avoir une influence majeure, c’est celle de NWR lui-même. Alors certes, cette explosion subite de violence pourra rappeler le thriller américain, mais c’est probablement un peu le but alors que Refn tente de traverser l’Atlantique. Certes ces plans baroques très près de leur sujet pourront rappeler la nouvelle vague noire britannique, mais on pourra arguer qu’ils sont davantage empruntés au Dogme95. En fait, on est parfaitement dans l’évolution du cinéma de NWR, un esthète pour qui les égouts ont leur propre beauté. Toujours en recherche, le film a des airs de film d’étudiant, enchaînant les références et les citations, tant cinéphiles (voire cinéphages) que bibliophiles. Au milieu de tout ce merdier, un genre de jeune Quentin Tarantino ou Kevin Smith, Refn lui-même, interprété par Mikkelsen. Dans tout ça, on appréciera la tension constante et cette ambiance cradingue propre au Refn de Copenhague ? On aimera aussi l’interprétation très naturelle formidablement mise en valeur par une mise en scène inquisitrice. On kiffera les silences autant que les hurlements et l’illustration musicale, là aussi, c’est très NWR.
En conclusion, qui aime aimera. Et comme j’aime particulièrement, c’est encore le cas ici ! Décidément, NWR a une des plus belles filmographies des 30 dernières années !
>>> La scène qu’on retiendra ? Le pétage de plomb lors de la projection privée. Chaud !