Un tir manqué dans la carrière de Friedkin

Malgré une carrière jalonnée d’autant de chef d’œuvres que de succès, le réalisateur de « L’Exorciste » et de « French Connection » semble un peu à bout de souffle en ce début des années 90. Même si la qualité de son travail n’est nullement en cause, « Police Fédérale Los Angeles » réalisé en 1986 étant l’un des plus grands polars de l’histoire du cinéma, ses relations avec les studios et l’accueil mitigé du public en salles compliquent ses projets. On ne compte plus les projets avortés pour un Friedkin à la recherche d’un nouvel élan après l’horrifico- raté « La Nurse », premier vrai faux pas artistique de sa carrière.

En 1992, sa femme, la productrice Sherry Lansing prend la tête des studios Paramount. Une chance pour Friedkin de renouer avec un grand studio et de se relancer. Il signe rapidement un contrat de trois films.

Passionné par le Basketball, Friedkin choisit un script de Ron Sheldon, spécialiste des films « sportifs », surfant sur la mode NBA du moment (c’est l’époque de l’âge d’or des Michael Jordan et Magic Johnson), pour honorer la première partie de son contrat. Un scénario inspiré de la carrière de Bob Knight, l’un des plus grands entraineurs de Basket universitaire de l’histoire, au caractère bien trempé…très proche de celui de Friedkin. Au delà du portrait de cet homme, c’est la dénonciation de la corruption qui gangrène le milieu du sport universitaire qui intéresse le réalisateur…

Mais bon…Même en étant un fervent admirateur de Friedkin, que dire devant un résultat aussi indigne de son talent. Abandonnant l’approche documentaire qui faisait la force son cinéma, le cinéaste nous livre un film anonyme où le discours est noyé dans une morale démagogique, limite ringarde. La mise en scène est paresseuse et convenue, le script, sans surprise, négligeant le fond et surtout, les personnages secondaires, transparents.

Le dernier quart d’heure, d’un niveau à la limite du pathétique, achève un film qui avait pourtant tout pour être intéressant.

Finalement, seule la performance de Nick Nolte dans la peau de cet entraineur incorruptible suscite un minimum d’intérêt et encore…Le film aura eu au moins le mérite de faire connaitre deux futures stars de la NBA, Penny Hardaway et surtout, Shaquille O’Neal qui ont fait les beaux jours des parquets pendant presque 15 ans par la suite.

C’est à peu prêt tout ce qu’il faut retenir de ce film que l’on a du mal à croire qu’il soit réalisé par un cinéaste de la trempe de Friedkin et c’est bien, bien trop insuffisant…

Massimiliano_N
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le 2 juil. 2025

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