Le film raconte non pas la vie entière de Bob Marley, mais se concentre de 1976 à 1978, soit son exil londonien après avoir échappé à un attentat alors qu'il voulait pacifier la Jamaïque en proie à des dissensions politiques, jusqu'au retour au pays où il va revenir en tant que star. Et ceci, peu après qu'il ait appris qu'il avait un cancer qui l'emportera trois ans plus tard.
Le carton de Bohemian Rhapsody a en quelque sorte déclenché toute une vague de biopics sur des chanteurs, y compris sur Charles Aznavour, et pour ce projet élaboré de longue date, le film se malheureusement le plus consensuel possible. On voit bien que c'est (co)produit, surveillé par la famille Marley (d'ailleurs, son fils Ziggy nous fait une introduction expliquant qu'il a veillé sur l'intégrité de l'héritage de son père), de sorte qu'il en dépasse que très peu les clous ; certes, on va dire le temps d'une réplique qu'il est infidèle, avec d'autres enfants illégitimes, mais ça passera assez vite pour se concentrer sur Bob Marley et sa musique.
Ce n'est pas vraiment la faute à Kinglsey Ben-Adir, très convaincant en Bob Marley avec cet air constamment enjoué, mais la personne qui retient clairement l'attention est son épouse Rita, jouée par l'excellente Lashana Lynch, n'hésitant pas à remonter les bretelles de son mari, mais là aussi, on sent que l'écriture a été ramenée à celui d'une personne aimante, peu importe ce qu'a fait Bob Marley.
Le film n'est pas vraiment ennuyeux, il est tourné en partie sur les endroits même de la vie du chanteur, on entend une tonne de chansons (et même You should be dancing des Bee Gees !), mais il manque clairement une flamme, un frisson que me procurent bien des biopics musicaux. Mais pas celui-là. Et il faut également arrêter les traumas, en l'occurrence l'absence du père...