Un petit survival sortit directement en VOD grâce à Paramount+, qui mise plus sur l’ambiance et les relations tendues entre ses personnages, que sur le spectacle d’un slasher sanguinolant.
Pétard mouillé ou vraie bonne proposition de série B ? Un peu des deux en fait.
Dans BONE LAKE, on suit un couple venu passer quelques jours en amoureux dans une immense bâtisse reculée au bord d'un lac.
Leurs vacances romantiques sont bouleversées lorsqu’arrive un autre couple, séduisants mais néanmoins étranges, avec lequel ils n’auront pas d’autre choix que de partager la demeure.
Après une scène d’introduction tendue et brutale, en mode chasse à l’homme et violence crue, on est en droit d’être complètement déçus par le contenu du film qui, mis à part un final grandiloquent avec tous les excès de gore attendus, reste très sage dans le démonstratif, et concentre sa tension sur des affrontements psychologiques.
De quoi cliver très vite le public de curieux, les uns cherchant d’avantage le spectacle et la violence d'un slasher "forestier" survivaliste, les autres penchant plus sur le côté jeu de rôle et manipulation.
Un pari risqué de la réalisatrice de jouer sur deux tableaux différents. Le côté slasher du film capitalise comme je le disait en préambule, toute son énergie entre la scène d’intro, et l’affrontement final.
Bien que ces deux parties distinctes soient graphiquement éprouvantes, on ne se privé d’aucune bassesse et ça fait très très mal, dans tous les sens du terme, on ne retiendra toutefois pas grand chose d’original dans la mise en scène et ses courses poursuites sanglantes, jeu du chat et de la souris, avec personnages interchangeables.
Franchement ne venez pas pour la violence, même si ça va assez loin, vous allez devoir patienter une bonne partie du film, avant de retrouver le spectacle promis dès les premières minutes.
Maintenant, la partie la plus intéressante du film, selon moi, se situe dans le cœur du récit, où on se retrouve dans un huis clos avec nos deux couples, dont l’alchimie du départ va progressivement glisser vers quelque chose de plus malsain, avec son lot de manipulations et de perversions.
Le désir des quatre protagonistes, et leur fidélité aussi, va être mis à rude épreuve, dans des joutes verbales ou chacun y va de ses petits calculs pour parvenir à ses fins, avec en point de bascule, une scène de demande en mariage dans laquelle la tension monte à son paroxysme. On passe en quelques secondes seulement, d'un week-end amical en bonne compagnie, à un malaise palpable, diffus, qui va se ressentir jusqu'à ce que la situation ne finisse par dégénérer.
Pour une petite série B de plate-forme, BONE LAKE rempli honnêtement son contrat, c’est divertissant et assez intrigant pour ne pas bailler ni zapper au bout de 30min, on reste jusqu'au bout pour la promesse d'un face à face inévitable, percutant, riche en rebondissement et surtout drôlement cruel.
Les multiples influences évoquées, de BASIC INSTINCT pour le jeu de prédation sexuelle, à BARBARE pour son pitch de départ, en passant par SPEAK NO EVIL (celui de 2022 hein...) pour l’analogie avec son scénario, sont suffisamment bien diluées pour ne pas rendre une copie indigeste, le film possède son identité, et tous les défauts notoires ne nuisent en rien à sa qualité globale.
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