Une surveillante pénitentiaire est mutée à la prison de Borgo en Corse, avec son mari et ses deux enfants. Sur place, elle va découvrir en quelque sorte que les détenus surveillent leurs gardiens, et elle va rencontrer un jeune détenu qu'elle a connu auparavant dans son ancienne prison, à Fleury-Mérogis. Une fois qu'il sort de prison, il va lui proposer un marché dangereux.
Je ne connaissais pas le travail de Stéphane Demoustier, mais je sais que La fille au bracelet jouit d'une certaine réputation. Là, il s'attaque au film de prison, genre qui a donné bien des oeuvres de qualité, et celui-ci ne déroge pas à la règle, bien qu'il ressemble par certains côtés au Prophète. Dans le sens où on voit ici l'extérieur influer sur l'intérieur, et vice-versa. On suit tout le long une formidable Hafsia Herzi, qui joue cette gardienne qui ne se laisse pas démonter, bien qu'elle sent au départ qu'elle est sur un autre territoire, en Corse, où les détenus ne veulent pas parler français et qu'ils semblent avoir beaucoup de libertés au sein de l'endroit.
L'histoire racontée dans Borga est tirée d'un fait-divers, mais là où Demoustier aurait pu nous raconter tout ça de manière plan-plan se dessine un travail impressionnant sur le montage où, sans trop en dire, le film est sur deux lignes temporelles qui vont se rejoindre lors d'une garde en vue de deux personnes, qui semblent se répondre l'un à l'autre.
On sent que tout ceci a été préparé en amont, notamment les plans dans la prison où celle-ci a l'air défraichie avec la peinture qui s'écaille sur les murs, pour une histoire assez diabolique, où la Corse a l'air d'être un territoire en soi.
Peut-être est-ce un peu long, mais Borgo fait montre d'une certaine maitrise de la part de son réalisateur, qui me donne envie de voir ses films précédents.