Une heure de gros plans sur des vaches sans musiques ni commentaires ça ne fait pas rêver, mais se laisser tenter par l'expérience vaut le coup.
Voir la beauté des bovidés : praire dans les champs, se laver mutuellement, jouer avec un sac plastique.
Je me suis surpris à rire franchement lors du moment de la veau perdue qui part dans la direction opposée du troupeau qui se retrouve obligé de faire demi-tour pour le récupérer. Le petit évitement du veau comme s'il évitait de se prendre une sifflante par sa mère.
La beauté d'un plan d'une vache au milieu d'une prairie de pissenlits suivi de la défécation sans fin et d'un prout, j'ai trois ans d'âge mental mais comment ne pas rire...
La beauté du monde c'est aussi l'horreur. Mais cette horreur c'est la vérité. Ce plan de cette vache qui se fait emmener en pleine nuit. Voir ses congénères meugler aussi fort que possible courant après le camion transportant celle déjà destinée à l'abattoir. Mais également la fin où les veaux sont séparés sous les cris affreux des mère n'attendant que leur retour.
Alors oui le message du film est clair. Un message qui ne se fait pourtant que par le biais de plans fixes où la vache vient s'insérer dans ces plans sur fond de présence d'homme pour rappeler que malgré tout leur destin d'exister n'est que par l'envie de l'homme de les tuer.
Ce film s'inscrit dans la lignée d'Eo de Jerzy Skolimowski (voir ma critique du film), on ne peut pas rester insensible et c'est important d'avoir conscience de ce qu'on mange. Tuer un animal permet tout de même de se rappeler de la violence que peut être l'idée même de priver quelqu'un de la vie, où le bovin évite Charybde pour se faire dévorer par Scylla en une fraction de seconde, une fin décidée aveuglément sans vraiment savoir qu'il y a quelques secondes encore elle avait le plaisir de chier sur des pissenlits en meuglant.