Parfois le dispositif contribue grandement à la beauté d'un film, c'est le cas de ce petit bijou signé Richard Linklater (la trilogie "Before Sunrise" etc) qui s'attache à l'enfance et à l'adolescence d'un gamin filmé sur 12 ans avec le même acteur, tout comme ses parents divorcés incarnés avec tout autant de crédibilité par Ethan Hawke et Patricia Arquette, que l'on voit naturellement vieillir à l'écran sur près de 3h de film. Toutefois, "Boyhood" ne serait rien sans la juste distance du regard de l'Américain sur ce jeune garçon en construction, la dimension intime qu'instaure la caméra dans ce rapport au temps si particulier (dont on ne ressent jamais lourdement l'ambition pas plus qu'une quelconque velléité documentaire, qui s'efface totalement devant la fluidité du récit), et bien sûr l'infinie sensibilité avec laquelle le cinéaste dépeint en une succession de saynètes du quotidien les relations pas toujours simples mais d'une grande vérité de cette famille comme tant d'autres.