Voilà un film qui pose plein de questions sur son fonctionnement. Questions qui devraient trouver des réponses faciles sur internet, mais en fait peu importe, les questions me paraissent plus intéressantes que les potentielles réponses.
Tourner avec les mêmes acteurs sur 12 ans, pour capter quelque chose du vieillissement des personnages qui ne soit pas artificiel.
Quelle part laisse-t-on à l'improvisation? Dans quelle mesure la personnalité que développent les enfants influe-t-elle sur les idées du réalisateur? Comment on finance un truc pareil? Qu'est-ce qu'on utilise à chaque période comme marqueur temporel? (le film triche un peu là-dessus, puisqu'il se passe dans un passé proche).
Le résultat est un film qui s'étend de l'enfance à l'entrée dans l'âge adulte d'un jeune homme, avec les étapes obligatoires du parcours. "La vie, ce n'est que ça? Je voulais plus", dit en substance l'un des personnages. Notre jeune homme devient d'ailleurs persuadé que les hommes sont préprogrammés par la société comme s'ils étaient des robots. De quoi interroger effectivement sur cette vie qui suit un sentier balisé, quand bien même celui qui l'emprunte se pique d'être un original. L'est-il vraiment? Est-ce seulement possible? Et quelle valeur y accorder si cela ne fait pas vivre, ainsi que le prévient son professeur de photographie : J'en ai vu passer qui avaient plein de talents, et qui n'ont jamais percé, tandis que les médiocres réussissent.
Oui mais alors, est-il souhaitable de prendre un autre chemin, ou doit-on accepter de se couler dans le moule, quand bien même on s'y sent à l'étroit?
C'est toute la réussite de ce Boyhood qui souvent n'a l'air de rien, et qui pose en filigrane plein de questionnements dont les réponses ne sont pas aussi simpled qu'il y paraît.