Attention, cet avis contient ce genre de spoilers:
Ah ouais, tu crois qu'on en a pas délogés des loqueteux pour bâtir ce style haussmannien qui fait la fierté de Paris et l'efficacité des CRS? Ça s'appelle la gentrification et quelques générations plus tard, tout le monde trouve ça très bien. La remarque vaut aussi pour les décennies à venir.
Aaaaah (soupir), qu'il est loin le temps où les anti-héros cyniques de polar basculaient dans le crime, subjugués par la beauté venimeuse d'une femme encore pire qu'eux. Transposé d'un livre que je n'ai pas lu, Motherless Brooklyn, mystérieusement traduis en français par...Brooklyn Affairs...(parce le business parle plus aux chalands que l'absence de môman), affiche tout les codes du genre...passés à la moulinette du politiquement correct. Le héros a un handicap social, la "fille" n'est pas que belle mais surtout engagée politiquement du côté des faibles en toute bienveillance, le bad guy est-il seulement méchant?
Ça me rappelle que je n'ai rien compris au film en fait.
A quoi servirait-il de liquider Laura à la fin plutôt que bien avant?
Moe "BA1" Rudolph pouvait-il ignorer les magouilles de ses subordonnés?
Pourquoi Paul se livre-t-il a tant de circonvolutions?
Bref, l'affaire est frelatée comme un tord boyaux de contrebande en pleine prohibition. Mais ok, il fallait des justifications aux filatures, aux gnons dans la tronche, aux gros manteaux, à la voix off, aux interrogatoires et aux seconds couteaux.
Le réal qui emprunte avec bonheur le style de Fincher se permet même quelques digressions esthétiques ou musicales pour calmer le récit et poser une ambiance. Mais là où le réal de Fight Club, misanthrope assumé propose un cinéma osé et cruel, Norton demeure très consensuel et moins tranchant, malgré quelques fulgurances sur la nature du pouvoir.
Reste une mise en scène élégante et généreuse, hommage à une époque et à un genre cinématographique.