Un homme sans histoire vit constamment dans l'humiliation, celle de son patron et de sa compagne qui le prennent comme un moins-que-rien. Un matin, il se lève, et n'a plus de visage ; cela va le bouleverser au point qu'il va vouloir se venger de ceux qui le maltraitaient...
Bruiser signe le retour par la petite porte de George A.Romero, huit ans après sa dernière réalisation (La part des ténèbres), et toute une série de projets avortés. Là, il revient avec un petit budget sur un film qui questionne la part irrationnelle qu'on a, celle de la violence, avec un très beau subterfuge qui est celui du masque blanc pour signifier une nouvelle identité. A vrai dire, j'avais tellement entendu de mal sur Bruiser (qui est sorti en salles en France deux ans après sa sortie américaine) que je pensais y voir un nanar, mais il ressort au fond quelque chose de presque touchant, sur cet homme, joué par un Jason Flemyng transparent, qui doit subir brimades sur humiliations, qui n'a pas assez d'argent pour terminer sa maison en construction où il vit, et même son meilleur ami l'escroque, et qui va se révéler à lui-même avec ce masque.
L'autre acteur du film, son patron, est joué par Peter Stormare qui est mauvais comme un cochon à jouer la caricature du mec excentrique, fou, et s'envoie les mannequins de son agence. Au fond, je dirais que les 2/3 du film sont réussis, avec ces passages parfois malaisants où Jason Flemyng va s'en prendre à ceux qui l'ont fait souffrir, mais tout le final en boite de nuit fait redescendre d'un cran la tension instaurée plus tôt, avec un final qui semble tiré de ces slashers de la fin des années 1990.
Bruiser est assez méconnu dans l’œuvre de Romero, sans doute à cause de sa réception critique et de ce long passage à vide avant la dernière partie de sa carrière où il reviendra aux zombies, mais je le recommande pour voir un autre versant du réalisateur.