Après ''Kinds of Kindness'', ''Bugonia'' confirme que le réalisateur retourne à des propositions plus radicales et moins accessibles que ''La Favorite'' et ''Pauvres Créatures''.
C'est aussi âpre et sordide qu'un ''Canine'', tout étant délirant dans son absurdité, ainsi qu'assez gore dans sa violence.
Yórgos Lánthimos, ainsi que le scénariste du film ''Le Menu'', sont aussi cruels avec leurs personnages qu'ils ne le sont concernant leur opinion sur l'humanité.
Car les grands patrons et les complotistes sont aussi détestables les uns que les autres, en pensant être les meilleurs.
C'est assez bien illustré par la bande originale de Jerskin Fendrix (''Pauvres Créatures'' et ''Kinds of Kindness'') qui rend théâtrales même les scènes plus banales.
Et au final, on en vient à se demander s'il reste réellement de l'espoir pour notre espèce.
Concernant la forme, la photographie de Robbie Ryan (''La Favorite'', ''Kinds of Kindness'', etc.) est magnifique. Les images sont tellement nettes que cela rend mal à l'aise.
Ce sentiment est accentué par le cadre qui crée une distance avec multipliant les plans d'ensemble, en plongée ainsi qu'en contre-plongée.
Alors même que le film est monté en format 4/3, ce qui crée un contraste très bizarre qui sert l'ambiance.
Puis, Emma Stone est toujours aussi excellente chez Yórgos Lánthimos. Même si Jesse Plemons - qui se révélait déjà dans ''Kinds of Kindness'' - et Aidan Delbis ont une performance qui m'a davantage marqué ici.
En somme, j'ai beaucoup aimé ce film. Et big up à la présence de chansons pop et rock excellentes comme ''Good Luck, Babe!'' de Chappell Roan.
Même s'il faudra que je me rattrape prochainement le film coréen d'origine - ''Save the Green Planet!'' - ne serait-ce que par curiosité.