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SuivreKind of blindness
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1 an après son très juste Kinds of Kindness, Yórgos Lánthimos revient avec, encore une fois, un film très réussi.
Les procédés Lánthimosiens sont présents, avec notamment des violons jouant de façon contemporaine, ce qui installe un contrepoint jouissif avec les images. Nous permettant d'avoir un autre niveau de lecture. Mais aussi de nombreux plans non-centrés, mettant mal à l'aise le spectateur, ne sachant pas si le film est stressant et angoissant ou loufoque et absurde (réponse : les deux).
Avec une mise en scène des plus efficaces, nous comprenons que le personnage interprété par Emma Stone a du pouvoir, à l'aide de plans larges (comme le faisait Orson Wells pour montrer la richesse de son personnage dans Citizen Kane) et un grand angle. En parallèle, les deux autres personnages (Jesse Plemons et Aidan Delbis), sont montrés dans une maison en pagaille et des vêtements sales. Ce qui nous fait comprendre la différence oppositionnelle drastique entre eux sans même qu'on les connaisse, dès le début.
Une grande importance est donnée à l'apiculture avec des fondus montrant avec lenteur son processus et la beauté de ce savoir. Mais cela sert à montrer les rapports de force qu'ont les personnages dans le film. Michelle avec ses employés, dont Teddy, et lui avec ses abeilles et son cousin retardé.
La manipulation est au cœur du récit, elle vient nous faire douter, à ne plus savoir ce qui est rationnel. Dans la lente coopération de Michelle avec ses ravisseurs, elle plonge finalement dans le mensonge, tout comme nous. Pour moi, la fin serait une métaphore de la folie de Michelle et de ce qu'elle croit, elle serait donc toujours dans le placard à ne s'être pas téléportée je pense (le dernier passage est d'une joie folle).
Un élément intéressant à relever au moment où Emma Stone conduit au retour de son travail, elle écoute une musique et chante, non pas la voix principale, mais celle d'accompagnement. Cela pourrait nous avertir des événements futurs, elle ne fera qu'être en dessous d'une voix plus forte (littéralement, dans la cave), soit, les deux conspirationnistes.
La symbolique de la mère qui s'envole pour montrer qu'elle se situe entre la vie et la mort, retenue de monter au ciel ou bien celle des abeilles, qui lie les gens, peu importe leur classe sociale, mais qui est vite comparée avec le monde hiérarchique par Teddy, offre un enrichissement sur le fond comme sur la forme.
Ce film est un tour de force, d'une grande intelligence et d'une justesse brillante.
A ne pas manquer.
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Créée
le 29 nov. 2025
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