Il se dégage pas mal de charme de ce polar avec son ambiance fin 60s et son intrigue dépouillée ; cette dernière est d’ailleurs peu absurde :
ce cadavre dissimulé s’avérant être un quidam et cette fin plutôt déceptive façon « tout ça pour ça » (le fameux témoin sera finalement tué) mais qui ose tout de même une certaine noirceur et un désenchantement via le personnage de McQueen (si l’acteur est charismatique, son jeu monolithique me laisse tout de même assez froid) .
Mais cela est surtout un prétexte à quelques moments de cinéma plutôt réjouissants : ce générique comme en fait plus ( le très bon Pablo Ferro responsable notamment de « Dr Folamour ») accompagné par une BO très cool de Lalo Schifrin, la fameuse course poursuite exploitant intelligemment le décor de San Francisco et ce duel/course sur le tarmac de l’aéroport (impossible de ne pas penser au final du « Heat » de Michael Mann qui doit certainement être un hommage au Peter Yates).
Sans crier au génie, le film tient toujours plutôt bien la route (sans jeux de mots).
Son intérêt premier sera finalement d’avoir su inspirer quelques futurs grands classiques : « Heat » comme évoqué précédemment (le personnage solitaire de Bullit n’est pas très éloigné des héros Mannien) mais on pense également à « French Connection » dont la poursuite viendra détrônée celle de « Bullit ».