Tony Rodrigues est manutentionnaire dans un entrepôt mais il n'a pas renoncé à sa passion,la moto,et il participe à des compétitions sur circuit.Sans grand résultat cependant,car c'est un sport coûteux et il n'a pas les moyens d'entretenir et de renouveler son matériel.Son ex femme Leyla,dont il est toujours amoureux et avec qui il a eu un fils,est au chômage et pour gagner quelques sous elle stocke dans son appartement de la drogue appartenant à la mafia gitane du coin.Lorsqu'elle se fait dérober la marchandise,les truands exigent qu'elle les rembourse,ce qu'elle est bien sûr incapable de faire.Tony propose de payer à sa place et Miguel,le chef du gang,accepte d'effacer la dette s'il effectue pour lui des livraisons à moto,sur le mode go fast.Le gars se retrouve donc à partager ses journées entre son boulot et des tests de sélection pour une grosse écurie motocycliste qui a repéré son talent,et passe ses nuits à bomber sur des autoroutes pour acheminer de la came.Epuisé,il tient le coup en s'enfilant des cachets de dope obligeamment fournis par ses amis criminels et il sombre dans un état second.Pour son troisième long-métrage,le réalisateur-scénariste Yann Gozlan adapte "Balancé dans les cordes",un roman de Jérémie Guez,le mec qui depuis l'an dernier a remplacé Jean Van Hamme en tant que rédacteur de la bande dessinée "Largo Winch".Gozlan a coécrit le script avec Guillaume Lemans,déjà coauteur en 2015 de son film précédent "Un homme idéal" et scénariste attitré des polars nuls de Fred Cavayé.En même temps,embaucher Lemans pour une histoire se déroulant en grande partie sur des circuits,c'était logique."Burn out" mélange film social,thriller et immersion dans le milieu des courses à moto,le héros étant déchiré entre ces divers pôles.Le récit affiche un certain réalisme dans sa description d'une France d'en-bas déprimante avec ses HLM miteux,ses hangars froids et impersonnels,ses autoroutes sans humanité,où la principale activité économique est le trafic de drogue pratiqué par des associations criminelles ethniques.On ressent l'ambiance âpre et désespérée des oeuvres d'Olivier Marchal,pas étonnant de voir Olivier Rabourdin tenir le rôle de Miguel,lui qui apparait dans "Les Lyonnais" ou la série "Braquo".Hélas le film patine sévèrement vers le milieu du métrage,avec les aventures répétitives du héros qui se tape des rodéos nocturnes répétitifs shootés en numérique un peu trop voyant.Ca tourne en rond,surtout sur le circuit Carole,et l'ennui pointe alors que les enjeux se délavent.On doute de surcroît de la pertinence de la stratégie des trafiquants qui poussent le héros à pulvériser les limitations de vitesse et à griller les péages,ce qui lui vaut d'être immédiatement repéré et poursuivi par la police,mais c'est évidemment fait pour fournir des plans subjectifs et objectifs de moto roulant à fond,ce qui est spectaculaire et impressionnant au début mais devient fatigant à la longue.François Civil a connu des jours meilleurs mais assure globalement en fan de moto sous pression,alors que Rabourdin excelle en caïd glacial obsédé par le business.Manon Azem,la fliquette de la série "Section de recherches",est transparente en demoiselle en détresse sauvée par son ex,tandis que Samuel Jouy imprime bien la pellicule en second venimeux du parrain de la dope.Narcisse Mame est l'ami d'enfance de Tony,devenu dealer en chef d'une bande de noirs,déterminisme social oblige.L'acteur,actuellement dans le feuilleton "Ici tout commence",est excellent mais si irrésistiblement sympathique qu'on a du mal à croire à son personnage de dur à cuire de banlieue.Note et critique de film de Yann Gozlan publiées précédemment:"Un homme idéal"-7.Moyenne:6,5.