Je n'aime pas Eli Roth. Je n'aime pas Eli Roth parce qu'il croit trouver quelque chose d'original (le plus souvent) mais se goure dans à chaque fois dans sa mise en scène, croyant que ses affiliations avec certains pontes du métier lui permettront d'avoir du talent. Pour son premier long-métrage, Cabin Fever, nous avons donc droit à une sorte de refonte d'Evil Dead avec la même trame narrant les mésaventures d'une bande de jeunes Américains se retrouvant face à un mal inconnu dans les bois. Un sujet classique qui s'en éloigne heureusement par une pointe d'originalité : le meurtrier.
En effet, ici c'est une fièvre contagieuse qui tue nos chers adolescents. Une bonne petite trouvaille aussi économique que sympathique mais qui ne suffit hélas pas à faire de ce film quelque chose de bon. En effet, la direction d'acteurs est pitoyable (soit), l'ambiance pseudo-étouffante ratée, la musique d'une platitude absolue et le rythme à la limite de l'ennui. De plus, certaines séquences incongrues (ou barrées selon certains) apportent au long-métrage un côté décalé malvenu, comme par exemple ce plan ridicule où un gamin redneck se met à faire du kung-fu sans aucune raison.
Maladroit dans son traitement, Eli Roth mélange un peu trop de petites choses et se plante donc amèrement. On pourra me reprocher de m'acharner sur ce réalisateur plein d'espoir, certes, mais trop prétentieux pour être convaincant. À aimer ou à haïr, faites votre choix.