Assez vite happé par ce dispositif pourtant très simple : deux couples dans un appartement, une discussion qui devrait rester civilisée, et tout qui se dérègle peu à peu.
La grande force de Carnage, c’est évidemment son huis clos. Le film tient sur ses dialogues, ses regards, ses silences gênés et cette montée progressive du malaise. On sent très vite que chacun essaie de garder une façade correcte, polie, adulte, mais que cette façade ne demande qu’à craquer.
Les acteurs sont tous parfaits. J’aime particulièrement Christoph Waltz et Kate Winslet, donc j’étais déjà dans de très bonnes dispositions, mais le plaisir vient surtout de l’équilibre du quatuor. Personne ne tire trop la couverture à soi. Chacun a son moment, sa faille, sa petite lâcheté, son explosion plus ou moins ridicule.
J’ai aussi beaucoup aimé la façon dont les dynamiques évoluent au fil du film. On part de deux couples face à face, puis les alliances bougent, se défont, se recomposent. À un moment, ce sont les hommes contre les femmes, puis autre chose encore. Le film devient presque un petit laboratoire social, où chacun change de camp dès que son confort ou son ego est menacé.
C’est drôle, cruel, brillant. On rit, mais souvent parce que c’est inconfortable. Et c’est précisément ce malaise, tenu sans relâche, qui rend le film aussi savoureux.
Un 8/10 net, pour un huis clos intelligent, drôle et féroce.