Kelly Reichardt est dotée d'une excellente réputation, je n'avais pourtant jamais vu un film d'elle jusque-ici : une forme de réticence pas forcément justifiée, sans doute liée au regard assez « social » qu'elle porte régulièrement (non pas que ce soit un défaut, cela dit!). Et en découvrant « Certaines femmes », j'ai très rapidement compris pourquoi son cinéma ne m'avait jamais attiré. Alors attention : cela ne veut pas dire que c'est mauvais ou que la réalisatrice n'a rien à dire. Le regard sur les femmes et la société américaine est assez juste, le casting homogène et très cohérent (Laura Dern, Kristen Stewart et la révélation Lily Gladstone, excellente), le discours sur la solitude, la complexe question des relations humaines, de l'amitié voire de la différence sociale étant abordés avec justesse et pertinence.
Mais bon... Sur 105 minutes, cela est très loin de suffire pour me captiver. Entremêler les récits afin d'éviter la linéarité, je comprends. Sauf que s'ils sont étirés au possible et inutilement longs voire sans grand intérêt (celui avec Michelle Williams en premier lieu!), l'intérêt reste limité, d'autant qu'on se demande constamment quel est le lien entre ces différentes héroïnes, pour finalement avoir une pauvre réponse en toute fin de récit : guère convaincant. Sans parler de certaines plans voire scènes proche d'une caricature de film d'auteur avec plan fixe et « action » (vu qu'en réalisé il ne se passe rien), dont le plan final est à ce titre un modèle du genre. Tout n'est vraiment pas à jeter, donc, mais cela n'excuse pas l'ennui. Et s'il y a quelque chose que je retiendrais en premier lieu, c'est bien ça : l'ennui. Dommage, ce projet « féministe » avait quelques beaux arguments à faire valoir.