Après avoir fui la France à la suite du traumatisme de la guerre de 14-18, un soldat interprété par Romain Duris vit désormais en Afrique, loin de tout. Cependant, il va revenir au pays, revoir son frère désormais muet, ainsi qu'une jeune femme qui lui apprend le langage des signes.
A l'instar de La chambre des officiers, ils y a peu de films qui parlent non pas de la guerre, mais de ses conséquences sur ceux qui sont restés. En l'occurrence des hommes meurtris, blessés dans leur chair, qui portent en eux des visions cauchemardesques, mais la vie doit continuer malgré tout. Pour son premier film en tant que réalisateur, Emmanuel Courcol (qui fut surtout scénariste) réussit l'essai par un sujet difficile, peu conventionnel, avec quelques audaces de mise en scène comme l'introduction qui est une scène de guerre dans les tranchées.
Après, je trouve que le récit s'étiole un peu entre le passage en Afrique, le frère joué par Gregory Gadebois qui ne peut plus parler, et celle qui s'occupe de lui, Céline Salette.
Mais Romain Duris compose un personnage tout à fait convaincant, qui porte en lui les stigmates de la guerre, n'hésitant pas à frapper ceux qui se moquent de ce passé, et qui sera au fond toujours un déclassé. Car il porte aussi en lui le souvenir d'un frère cadet mort au combat, que sa mère regrette presque qu'il soit parti à la place des deux survivants. Sans ce souci d'écriture, où le film semble ne pas savoir où aller, jusqu'à une conclusion un tant soit peu positive, Cessez-le-feu aurait pu être aussi convaincant que le film de Dupeyron. Mais en l'état, un bon premier film.