ChaO a le mérite de chercher, au moins dans la forme, de l'originalité. Lorgnant du côté d'animés indépendants et résolument expérimentaux, ChaO déçoit néanmoins un peu. On pense par exemple, sirènes oblige, à Masaki Yuasa, à son étrange Mind game notamment. Car dans ChaO, les hommes vivent en harmonie avec les sirènes, depuis l'histoire d'amour entre la princesse des sirènes et un jeune japonais.
Le principal problème du film, c'est sa surenchère visuelle. Le début donne le ton, le rythme sera frénétique. Et cela risque de jouer contre le film : il y a tout simplement trop de choses, et cela n'arrête jamais. Entre les décors surchargés, le style graphique des personnages qui joue sur les différences de proportion au point de proposer des incohérences, les péripéties qui pleuvent sans cesse, ChaO finit par fatiguer. D'autant que tout cela se fait au détriment d'une intrigue, ou des personnages.
La deuxième partie prend un peu plus le temps de poser son intrigue, et cela améliore les choses. Mais c'est alors que se présente un nouveau problème : cette intrigue est très très conventionnelle. Seul le fait que l'un des protagonistes est une sirène tend à rebattre les cartes de la relation adolescente, et cet éternel amalgame de scènes de ruptures et réconciliations ne passionne pas tout du long. Et la manière de les présenter n'arrange pas les choses, tant elle tend à renouveler des poncifs qui ne convainquent qu'à moitié, alors qu'on espérait autre chose, au vu de l'audace de la forme.
Reste que ChaO a le mérite de chercher d'autres formes que celle qui domine dans le paysage de l'animation japonaise. A ce titre, c'est une petite curiosité, et on espère que cela débouchera sur des oeuvres ultérieures plus creusées. Notamment dans l'accompagnement musical, assez insupportable, surtout une chanson finale en J-pop de très bas étage.