Chien 51
5.2
Chien 51

Film de Cédric Jimenez (2025)

Voir le film

Avant de m'acharner sur le fond, un point d'honnêteté : l'artisanat technique est correct, voire soigné. L'univers visuel, en particulier, affiche une ambition louable pour une production française de science-fiction.


Fin de la parenthèse positive.


Le cœur du problème réside dans l'effarante naïveté du propos. Le film prétend nous vendre une vision choc : un Paris dystopique, clivé en zones strictement séparées selon les classes sociales — les dirigeants sécurisés à l'Île de la Cité, les bourgeois alentour, et les "prolos" confinés sur le périphérique.


Le film vend cet élément comme une nouveauté dystopique radicale. L'ironie est écrasante : il échoue à comprendre qu'il ne fait que dépeindre, à peine maquillée, la réalité sociologique actuelle de la capitale. Chien 51 nous dit : « Imaginez un Paris où la ségrégation sociale est institutionnalisée ! Quelle idée subversive ! » Il rate l'occasion de critiquer ou de pousser ce constat à son paroxysme, se contentant de le mimer grossièrement.


L'imagerie du Mur de Berlin et des grandes portes censées sanctuariser les zones n'arrange rien. La tentative d'établir ces frontières rigides s'effondre en trente secondes, révélant un immense gruyère scénaristique. Le film se croit brillant et malin, mais ne cesse d'enchaîner les buts contre son camp, démontrant un manque flagrant de perspicacité politique et architecturale.


Nous arrivons à la catastrophe absolue : l'Intelligence Artificielle. Cet élément central, sur lequel repose l'intrigue, est d'une confusion abyssale. Le film démontre une méconnaissance crasse des mécanismes, motivations et enjeux d'une véritable IA. Ses actions et son rôle restent nébuleux, ses objectifs sont flous, et on ne comprend jamais vraiment pourquoi cette IA est l'épicentre d'un récit qu'elle ne parvient pas à animer. Elle n'est qu'un gadget scénaristique inerte au service d'un thriller bancal.


Chien 51 est à l’image de son titre, déplaisant et laid. Un savoureux mélange entre de la science-fiction mal digérée et la vision politique d’un enfant de deux ans.


Watso
2
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Film 2025

Créée

le 7 nov. 2025

Critique lue 20 fois

Watso

Écrit par

Critique lue 20 fois

D'autres avis sur Chien 51

Chien 51

Chien 51

6

Indiana-Marcel

74 critiques

Miser sur le bon chien

Chien 51 n'est pas un mauvais film et remplit son rôle de divertissement. Là où c'est dommage, c'est qu'avec un tel casting (les acteurs mais aussi le réalisateur et l'auteur) et un tel budget, on...

le 15 oct. 2025

Chien 51

Chien 51

4

xaab

5 critiques

Plus Pastis 51 que Chien

On sent que Cédric Jimenez n'est pas un grand amateur de science-fiction. Bien qu'il s'inspire de grands noms, comme Blade Runner pour ne citer que l'évidence, ou plus subtilement La Guerre des...

le 12 oct. 2025

Chien 51

Chien 51

3

VacherinProd

100 critiques

Rapport Minoritaire

Cédric : Bonjour Chat GPTChat GPT : Bonjour Cédric, ravi de vous revoir pour votre 3e projet consécutif, comment allez-vous ? 💗Cédric : Oh très bien, j’ai reçu une enveloppe de plus de 50 millions...

le 18 oct. 2025

Du même critique

Dune - Deuxième partie

Dune - Deuxième partie

3

Watso

8 critiques

Fin de carrière pour Denis Villeneuve

L'immense problème de Dune - Deuxième partie réside dans l'absence de corps. Tout au long du film, Denis Villeneuve les cache, les recouvre, les éloigne ou les évite. Cela engendre un désintérêt...

le 11 mars 2024

Gourou

Gourou

2

Watso

8 critiques

L'aura du vide

Yann Gozlan confirme avec Gourou son statut de "bon élève" du cinéma français : la photographie est léchée, la mise en scène est carrée, mais l'âme est absente. On se retrouve face à une coquille...

le 20 févr. 2026

La Venue de l’avenir

La Venue de l’avenir

3

Watso

8 critiques

L'entre-soi bourgeois a son paroxysme

Pour ma première incursion dans l'univers cinématographique de Cédric Klapisch, je ne suis pas déçu… car mes attentes ont été parfaitement comblées. Je m'attendais à un cinéma bourgeois, déconnecté...

le 27 mai 2025