Aussi démesurée et aussi géniale que son auteur, "Citizen Kane" est un monument du cinéma qui ne cesse d'être acclamé aux fils des décennies.
Biopic non avoué de W.R Hearst, le premier long-métrage d'Orson Welles suinte la perfection à tout les niveaux. Le portrait peint par Welles du magnat de la presse Charles Foster Kane, dont il assure aussi le rôle, autre preuve d'un cinéma plein d'excès, est grandiose.
Il y a Kane et les autres qui pourtant sont loins de démériter. Mais ce personnage est tellement ambigu, tantôt drôle, tantôt inquiétant, que le spectateur s'adonne facilement à une contemplation totale d'un homme pas comme les autres. Niveau réalisation, on frôle là aussi la perfection.
Jeux d'ombres et décors somptueux sont tous là dans un seul but : mettre en valeur Charles Foster Kane et ses rêves. Cette oeuvre, cette histoire, cette interprétation d'Orson Welles sont là uniquement pour Kane,pour le servir et le sublimer. Le public peut d'ailleurs s'identifier à un journaliste investigateur dont le visage reste constamment caché pour favoriser l'immersion totale dans ce monde si unique qui trouve sa pharaonique apogée dans l'immense palais construit par un Charlie Kane vieillissant et proche de la démence.
Chef d'oeuvre du septième art qui fut un moyen pour Welles d'éborgner sévèrement une caste visant toujours plus haut et ne vivant que dans l'excès et les illusions. Un personnage, une fortune, un mythe.
Tout simplement un monument , un chef d'oeuvre du cinéma !