<em>Clash</em> est un film égyptien sur la scission récente du pays (pro et anti-frères musulmans), allégorisée par le huis-clos d’un fourgon policier, où des opposants se retrouvent enfermés ensemble. Évidemment, le film-concept qui en découle est très programmatique – s’appuyant sur des personnages beuglants, peu avenants, et sur l'artificialité de rebondissements sur-signifiants. Mohamed Diab parvient pourtant à capturer quelque chose de la transe du pays, mais moins par le symbolisme de son dispositif, que par ce qu'il provoque en termes de point de vue : une vision confuse et paniquée de la société égyptienne dehors, par les fenêtre du fourgon, par des témoins concernés mais impuissants, qui ne peuvent ni contrôler les évènements, ni tout en saisir. Cette belle idée et quelques autres (comme ce chaos lumineux des lasers verts, à l’acmé des tensions) permettent au film de dépasser un peu son statut ingrat de film à pitch.
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