Classe Moyenne a tout de la comédie populaire n’ayant pas forcément d’intérêt à mes yeux. Ne serait-ce que par son intrigue, énième lutte des classes opposant bourgeois à une famille plus modeste – et le postulat n’a clairement rien d’original, vu qu’il est question d’une simple dispute devenant une guerre sans merci – et les situations rocambolesques qu’elle annonce. Sans oublier un casting de personnalités connues, même si nous sommes bien loin de noms aussi « bankables » dans ce genre de production – je pense notamment à des Didier Bourdon, Christian Clavier et autres Philippe Lacheau. Mais quand on lance le visionnage du film d’Anthony Cordier, on se réjouit de voir que le titre prenne une tournure plus radicale et moins grand public, en s’aventurant sur la voie de la comédie noire. À la manière du Parasite de Bong Joon-ho, Classe Moyenne se veut être une satire sociale acide, en confrontant ces deux familles à leurs différences et contradictions. Pouvant les amener au-delà de toute notion d’éthique et d’humanité. Et pour cela, les comédien.nes sans donnent à cœur joie de jouer des personnages aussi délectables que détestables : Laurent Lafitte avec son sourire hypocrite, Laure Calamy et sa répartie cinglante, Ramzy Bedia jouant les benêts… Clairement, il y a quelque chose de prometteur dans Classe Moyenne qui, malheureusement, ne parvient pas à captiver. Outre son manque d’originalité et de situations loufoques, il manque au long-métrage un ingrédient pourtant essentiel à la comédie noire : avoir du mordant. Classe Moyenne est un film qui veut montrer les dents, mais le ne fait jamais. Il se voit comme une critique incisive, il n’est qu’un bonbon faiblement acidulé. Il n’y a rien de transcendant ni de jouissif dans le titre, ce qui déçoit grandement, surtout vu l’ambition du projet. On en ressort avec l’impression d’avoir vu une tentative beaucoup trop gentillette pour ce qu’elle promet. Un rendez-vous terriblement manqué. Et c’est assez frustrant…

Créée

le 6 août 2026

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