Le Pitch : Se-jeong est une scientifique de haut niveau. D'ordinaire elle étudie le vivant. Mais soudain la voilà coincée dans un building infesté de mort-vivants et cerné par l'armée. Parviendra-t-elle à trouver la sortie ? 10 ans après, le come back crystallise les attentes des fans qui ont pris le premier train, à destination d'un genre qui n'attendait plus de visiteurs. Le genre d'attentes qui ne peuvent être que déçues. Dautant qu'entre-temps le Korean-zombie est devenu une sorte de licence dans l'industrie : entre des copies, franchement classées Z, jusqu'au néo-drama "Zom-Com" en exclusivité sur Prime. Même les aficionados n'en peuvent déjà plus. Et après un Peninsula qui n'a pas fait recette, quelle idée de réitérer... mais est-ce bien le cas ? La plupart des commentateurs de l'Ouest n'ont que deux mots à la bouche "zombies" et "die hard" (pour la partie de cache-cache dans une tour au nom fictif). Pourtant du Nakatomi Plaza au Building DongWoori il y avait plus d'un pas. Et du train infesté de zombie aussi. Chose amusante : au fil de ses interviews, l'auteur ne cite jamais ces deux réfs. En revanche il assume volontiers l'influence de "Bodysnatchers", un film d'invasion extra-terrestres, dont l'apparence brouillait déjà furieusement les pistes et sa propre indexation. S'il existe vraiment une mise à jour entre "Train pour Pusan" et "Colony", il s'agit surtout de l'évolution des peurs. L'individualisme et le capitalisme ont cédé la place à la fabrique des opinions de masse et à l'IA. La horde a beau déambuler dans un mall, on ne la voit pas recommencer à faire ses courses. Il ne faudrait donc pas trop se précipiter sur les hommages a Romero ou McTiernan, réels ou supposés. au risque de tomber, la tête baissée et critique la première, dans le panneau qui nous condamne à commencer à tourner tous ensembles, comme des fourmis dans leur moulin. Yeon Sang-ho est un réalisateur généreux : il nous a offert plus que 3 films. D'ailleurs les deux prochains sont déjà en route, et le précédent encore tiède. Colony n'est pas un climax de sa filmo, le choix de faire un commercial movie cette-fois tient autant à son sujet opportun qu'à son calendrier (entre deux diversity movies). En revanche un sujet de comparaison est l'acteur Koo Kyo-hwan, dont la collaboration avec Yeon Sang-ho commence à relever de l'habitude : quelle bonne idée de lui avoir refiler le rôle d'un Super-Vilain cette fois. D'autant que la raison relève de la private joke : le réalisateur et son acteur partage la même passion pour les films de série B, ce qui rend leur communication facile. Or, lorsqu'ils ont travaillé ensemble sur le drama "Parasyte: The Grey", Kyo-hwan disait souvent à Sang-ho « moi aussi, j’aimerais devenir un parasite et avoir des pouvoirs ». Le réalisateur lui avait donc promis de lui donner un personnage doté de capacités — et ce fut 〈Colony〉. Alors pour Piège de Cristal, je ne sais pas, en revanche pour Koo Kyo-hwan c'est bien noël avant l'heure. Welcome aboard, pals~