Après Seoul Station, Dernier train pour Busan & Peninsula, voici Colony présenté hors compétition en séance de minuit au 79e Festival de Cannes de 2026, le quatrième opus d'épidémie zombie ou plutôt d'attaque bioterroriste, coécrit & réalisé par le cinéaste Yeon Sang-Ho (The King of Pigs, The Ugly). Zombie-movie sud-coréen au budget de 20 milliards de wons/15 millions de dollars suivant les tribulations d'un virus inconnu qui se répand dans un bâtiment d'affaires, et les personnes infectées continuent d'évoluer de manière imprévisible, constituant une menace pour les survivants. Son succès mondial le mène à 50 millions de dollars de recette dont seulement 133 000 entrées France. Au casting de recherche du patient zéro, les excellents acteurs notamment l'héroïne asociale Jun Ji-hyun (Blood : The Last Vampire, Assassination), Koo Kyo-hwan (Jane, Once We Were Us), Ji Chang-wook (Fabricated City, Hard Hit), Shin Hyun-been (Revelations, The Ugly), Kim Shin-rok (Soulèvement) et Go Soo (Some, Lucid Dream).
T'es vraiment taré !
Un ancien chercheur prévient par téléphone la police de Séoul, alors qu’il est sur le point de lancer une attaque bioterroriste sur un gratte-ciel du centre-ville. Alors qu’une conférence de son ancienne société concernant l’intelligence collective d’organismes se termine, il réussit à coincer son ancien patron pour lui inoculer un pathogène qui le fait alors ramper, se jetant à la gorge de toute personne présente dans les parages. La maladie se répend alors à vitesse grand V, provoquant une évolution rapide chez les individus et groupes d’infectés, et mettant en danger des clients du centre commercial, des participants au colloque, comme des membres des forces de l’ordre arrivées sur place…
Ils vont pas nous laisser crever ici ?
Six ans après le mal-aimé Peninsula, Sang-Ho retourne au Blockbuster d'épouvante & revient à sa saga des infectés en évolution imprévisible ; c'est Zombie dans un Piège de Cristal de quarantaine. Une nouvelle critique sociale coréenne, une société de communication imparfaite, faite d’inégalités tiraillée entre les forts et les faibles, passant par les problématiques du divorce, chômage, le handicap physique, le harcèlement scolaire et le suicide où les infectés possèdent un haut degré d’intelligence d’essaim, ils sont la métaphore d’une aversion entre les différents maux de la société. Si l’on passe, comme à l'accoutumée la morale sur l'individualisme de survie en situation de crise zombie de huis clos et le drama si cher aux Coréens, difficile de ne pas reconnaître de vraies qualités de ce long métrage de connexion bien rythmé sur deux heures de métrage renouvelant le genre et la figure du zombie collectif avec données sensorielles et autres moisissures visqueuses. Point négatif habituel du cinéaste, Colony est interdit aux moins de 12 ans, un opus d'épidémie zombie ne comportant aucune scène d'horreur/gore mais la virtuosité du cadre et l’énergie des chorégraphies pour infectés en groupes ou hordes sont incroyables. Les effets spéciaux sont bien maîtrisés sans être trop dominants notamment les singes surexcités, laissant suffisamment de place à l’intrigue de mises à jours avec une formidable inventivité dans la mise en scène.
J'adore me faire détester.