La première chose à laquelle j'ai pensé, c'est : « C'est légal d'écrire un scénario aussi mauvais ? » Puis : « Quel gâchis de talent et d'argent. » Car malgré un concept prometteur et de réelles qualités techniques, Colony passe complètement à côté de son potentiel.
Le principal défaut de Colony réside dans son scénario, qui reste extrêmement classique et peine à captiver malgré un début prometteur. L'idée d'infectés dotés d'une intelligence collective apporte une légère touche d'originalité, mais elle est trop peu exploitée pour réellement renouveler le genre. Le film préfère finalement retomber dans des ressorts narratifs déjà vus, en multipliant les facilités scénaristiques, les coïncidences et les situations prévisibles voir même grotesques , ce qui réduit fortement la tension.
Le rythme est également un problème majeur avec près de deux heures de durée, le film s'étire inutilement, recycle les mêmes enjeux dans son dernier acte et aurait gagné à être raccourci d'une trentaine de minutes.
Les personnages constituent d'ailleurs l'un des plus gros points faibles du film. Entre des personnages sans relief, dont seule la protagoniste parvient réellement à susciter un minimum d'intérêt, et une écriture superficielle, il est difficile de s'attacher à leur sort ou de s'investir émotionnellement dans leur survie. Même Ji Chang-wook est complètement sous-exploité alors qu'il est largement mis en avant dans la promotion, il n'incarne en réalité qu'un simple personnage secondaire, sans véritable évolution ni impact sur l'intrigue. Son rôle aurait presque pu être tenu par n'importe quel autre acteur tant il est iinutile. Ceux qui regarderont le film principalement pour lui risquent donc d'être particulièrement déçus.
Mais Le pire reste cette accumulation de comportements absurdes qu'on ne devrait plus voir dans un film de zombies en 2026 : des décisions complètement incohérentes, un manque total de bon sens face au danger et des personnages qui agissent uniquement pour faire avancer le scénario. Les dialogues vides, n'aident pas davantage à donner de la crédibilité à l'ensemble.
Le manque de logique ne touche d'ailleurs pas uniquement les protagonistes, mais aussi les autorités, présentées comme incroyablement incompétentes. Alors que le bâtiment est placé en quarantaine presque immédiatement, personne ne pense à consulter les caméras de surveillance avant plus de douze heures. Pourtant, il s'agit de l'une des premières mesures qui devrait être prise dans une telle situation. Une simple surveillance des images aurait permis de guider les survivants jusqu'à l'antagoniste et de neutraliser la menace bien avant que l'infection ne se propage. Dans le même registre, l'intervention de la brigade dans le laboratoire est tout aussi difficile à croire : des scientifiques en combinaison sont envoyés dans un site inconnu sans être armés, avant même que les lieux aient été sécurisés, tandis que les forces spécialisées enchaînent les choix tactiques et utilisent un équipement étonnamment peu adapté. Pour des unités censées être entraînées à gérer ce type de crise, ces décisions frisent l'absurde.
En revanche, la réalisation, la mise en scène dynamique et les performances des acteurs sont convaincantes. Les maquillages, les effets spéciaux et surtout le travail des cascadeurs incarnant les infectés constituent les véritables points forts du film.
Mais malgré tout, ce fut une énorme déception qui ne mérite pas votre temps. Passez votre chemin.