Quanah Parker est un des très grands chefs, un combattant mais aussi un diplomate avisé, qui aura remporté de beaux succès dans les deux domaines. Sa présence ici est la caution historique d'une série B au scénarion brouillon. Les méchants notamment son ratés, ils sont définitivement trop idiots, jusqu'à tomber dans un piège qui n'a même pas l'air d'en être un tellement un enfant de six ans ne s'y serait pas laissé prendre. Quant à Quanah Parker lui-même, disons simplement que si l'acteur qui joue le rôle a survécu au tournage, c'est la preuve évidente que le proverbe concernant le ridicule est vrai. Le reste est un empilement de lieux communs qui ont tous été mieux exploités ailleurs. J'imagine que le scénariste s'est dit : j'ai vu plein de westerns, ça doit pas être sorcier de faire pareil! Sans parler des américains arrivant de façon tout à fait magnanime pour arbitrer le conflit ancestral entre comanches et mexicains.
Pourquoi une note aussi haute, alors? Pour la réalisation de George Sherman, je pense. Qui fait ce qu'il peut pour éviter le naufrage. George Sherman est, déjà à cette époque, un vétéran de la série B, l'un de ces solides artisans qui livraient des films soignés, se contentant pour cela de suivre au mieux le scénario qu'on lui refilait. On peut imaginer que George Sherman n'a pas eu trop le choix en la matière, Bertrand Tavernier expliquant dans le bonus DVD Sidonis que le scénariste est aussi le producteur du film.
Mais on sent tous ses efforts pour livrer malgré tout une copie passable. Le rythme est endiablé, très efficace. Au début, quand on n'a pas encore eu le temps de se rendre compte que le scénario est une catastrophe, on se dit qu'on va voir une série B de belle qualité. De plus, si le personnage féminin est aussi nul, écrit avec les pieds, qu'on pouvait s'y attendre, son apparition est assez mémorable. Et la fin commence très mal, mais la résolution est finalement saisissante, avec tous les comanches apparaissant soudain en haut du relief, alors que leurs hurlements réverbérés par l'écho annonçaient leur apparition. La bataille finale n'est pas mal non plus.
J'imagine que toutes ces qualités, bien réelles, sont à mettre au crédit de Sherman, souvent injustement méprisé, qui n'a certes pas fait de grand film, mais qui est l'un de ces artisans de l'époque qui ont posé les soubassements de ces genres qu'on aimait tant. Et si c'était l'âge d'or du western ou du film noir, c'est aussi grâce à des réalisateurs comme Sherman.