Il paraît que les meilleures choses ont une fin. Et comme le dit la tagline de l'affiche française, celle-ci est soit-disant proche pour l'univers Conjuring, qui ne cesse de prospérer depuis déjà 2013, via divers spin offs plus ou (beaucoup) moins réussis.
Car ce qui fait le sel, au moins, de la série originale, c'est bien son couple vedette qui, d'arnaqueurs et de charlatans décrétés, ont acquis grâce au grand écran la réputation de fervents pourfendeurs de l'occulte.
Avec cette Heure du Jugement, il ne saurait sérieusement être attendu un quelconque changement dans la formule du succès, mais plutôt une continuation en forme de préservation de l'héritage. Et cela se sent. Car on reprend le modèle de la famille nombreuse des Dossiers Warren, ou encore, le temps de quelques minutes, la médiatisation curieuse et sceptique du Cas Enfield. Même Annabelle vient faire coucou. C'est dire pour les contempteurs éternels, que le fan service idiot ne joue as au fantôme. Avant de se rappeler que la fille Warren a sans doute gardé séquelle de sa dernière rencontre avec l'horrible poupée dans le troisième épisode de sa propre franchise : La Maison du Mal.
Mais la plus grande malédiction de cette Heure du Jugement, ce n'est pas tout cela, mais plutôt le fait que ce dernier film met beaucoup trop de temps à vraiment démarrer. Centrer l'entame de l'oeuvre sur le couple était attendu. Et le fait que la fille Warren soit invitée n'était pas un mal en soi. Sauf que Michael Chaves ne tient aucun rythme, sauf celui de l'électro-encéphalogramme d'un comateux. Parce que presque tout ce qui a trait à l'anniversaire d'Ed, hé bien, on s'en fout un peu. Tout comme l'introduction au chausse-pied d'un beau-fils qui ne fait que jouer les utilités. Enfin, pas que.
Conjuring : L'Heure du Jugement aurait dû jouer à plein sur sa relation parents / fille, comme il cherche à le faire, de manière souvent maladroite, du côté de la famille victime de la semaine.
Et puis, il y a cette fois-ci une menace très mal définie. Que l'on devine immédiatement chevillée à la famille Warren, avant qu'elle ne s'attaque à une tierce famille. On nous dit qu'il s'agit d'un miroir. Avant de nous asséner de manière confuse qu'elle instrumentalise aussi trois autres esprits...
On sent que la fin est proche, en effet, comme l'idée d'une certaine rigueur dans l'écriture. Même si les séquences de trouille sont toujours là, parfois efficaces. Mai on sent que l'esprit James Wan n'est plus aussi présent, chevillé à l'univers.
Tandis que cette fin n'est peut être pas aussi définitive qu'on veut bien nous le dire, tant on sent qu'il s'agira, à plus ou moins long terme, de convoquer, ou, si l'on veut rester dans toutes ces histoires de grenouilles de bénitier, de ressusciter le glorieux héritage des époux Warren.
On aurait dû s'en douter : les grandes figures d'Hollywood ne meurent jamais vraiment tant qu'elles rapportent. Gageons que vu le succès foudroyant de ce Conjuring : L'Heure du Jugement, le démon, même s'il est toujours vaincu, a encore quelques beaux jours devant lui et des cas de possession à explorer.
Behind_Qu'est ce que c'est que cette diablerie ?_the_Mask.