Ceux qui s'attendent à la baston habituelle seront déçus, car c'est bien un film noir dans la tradition, avec l'anti-héros en perdition qui veut faire une bonne action avant de retourner au néant (le fameux baroud d'honneur). Bon, le genre d'acte de grâces qui ressemble au final de Taxi Driver, bien qu'ici encore, le film prenne le contrepied et ne finisse pas en explosion de violence et action échevelée.
C'est plus un drame sur la condition humaine, un panel de quelques-unes des formes de misère contemporaine, qui fait se croiser sous les pires auspices la haute et les "bas-fonds". Et une belle imagerie de la Londres nocturne.
Bien sûr, comme de nombreuses "séries B" anglo-saxonnes, il bénéficie d'un budget qui ferait baver d'envie les réalisateurs français (autour de 20 millions de dollars), qu'on ne peut pas franchement blâmer de louper leurs films de genre, vus les moyens qu'ont leur octroie. Le marché n'est pas le même, je suppose. Il est loin le temps de la qualité française, et des films qui ont inspiré des John Woo & co, le temps des cloportes métamorphosés et du rififi pour les arsouilles.
Donc un film un peu lent, plutôt atmosphérique, sur un mauvais garçon et un amour maudit. Un rôle à la Richard Widmark quoi. A l'ancienne.