Si comme moi vous croyez Jason incapable de sortir du carcan du film d'action, il se peut que ce film vous étonne un tout petit peu. Bon alors, le gars est bien un ancien soldat, il souffre de l'habituel syndrome post-traumatique et il cherche à venger quelqu'un et tout ça, on est d'accord... Sauf que c'est vraiment pas le sujet du film, plutôt un prétexte. Il y a une relation assez touchante et inattendue avec une nonne, et elle est même pas canon selon les règles hollywoodiennes. Une vraie femme, en somme, avec des tourments, en plus. Tout comme Jason a une vraie psychologie, pour une fois, tiraillé entre le bien et le mal, se demandant quoi faire quand on a tout perdu. Et un coup de pot monstrueux lui offre une parenthèse dans sa vie.
Si on peut pester contre l'improbabilité de ce coup de pot, on est vite confronté à la lucidité du scénario qui n'offre pas à son anti-héros une rédemption toute faite. Crazy Joe propose seulement un instant de lumière dans une vie à jamais défigurée. Les clichés habituels s'éffondrent. Ici la violence ne se résume pas à des combats (peu nombreux dans le film) mais à ce qu'il se passe dans la tête des gens brisés. Aussi, quand la fin approche, Statham, qui a normalement toujours les machoires crispées, apprend à rire et même à pleurer. C'est troublant.
Peut-être pas inoubliable, mais je m'en souviendrai encore demain.
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