(Attention, qqes spoils inside)
Les 3 personnages principaux sont 3 personnages qui subissent la même absence de reconnaissance de leurs qualités par leur environnement et cherchent à se mettre à l'abri.
C'est un film individualiste, qui valide de fait la légitimité de faire ce qu'il faut faire pour y arriver. C'est un sens qu'on peut valider, contester ou refuser mais le film le donne comme acquis et, sur ce point, cela pourrait déranger. J'ajoute que ces 3 personnages finissent par le même choix (penser à soi donc), contre leur environnement, tous arrivent à la même conclusion, même s'ils apprennent à se lier avec qqes proches.
Ruffalo est celui qui fut idéaliste et qui déchante, y compris dans son couple, car il croyait que l'argent ne faisait pas le bonheur et que le couple impliquait la fidélité. Il constate que non. Dans son travail, il aurait dû recevoir des promotions, il ne les a pas eues et même quand il comprend un fait criminel avant tout le monde, il est pointé du doigt. Pire, son partenaire lui reproche de ne pas avoir une voiture pétaradante et ment pour couvrir un collègue alors que Ruffalo restait intègre. Ainsi, il choisit à la fin de penser à lui.
Halle Berry a tout donné dans le travail en pensant qu'un travail de qualité la ferait reconnaître et être promue, mais elle constate qu'une jeune collègue semble bénéficier des faveurs qu'elle mériterait. On lui renvoie son âge à la figure, on lui refuse ce qu'elle méritait.
Hemsworth n'est pas écouté non plus dans ses analyses par son employeur et celui-ci manque de respect à son travail en offrant un coup à un autre, il cherche à dire que c'est abusif mais celui-ci le lui fait payer et décide de le doubler. Tous les 3 finissent par se lier d'une manière ou d'une autre, se reconnaître et s'aider, quitte à sortir de l'honnêteté pour Ruffalo.
Le film est néanmoins en déficit d'intensité dramatique (climax assez faible, enquête pour retrouver Hemsworth pas franchement brillante ou trépidante. On peut même la qualifier de facile, sans bien comprendre pourquoi tous les autres flics moquent Ruffalo), d'action trépidante (les courses poursuites sont un peu molles et convenues, la scène de casse finale, un peu pareil) d'antagoniste suffisant (Barry Keoghan est pas mal mais le film ne le met pas en situation d'être un opposant suffisant) et d'un rythme pas trop rapide (le film prend son temps, c'est pas mal, mais il faut aboutir à qqch, pas certain que tous les développements autour des collègues de Ruffalo ou de la bluette sentimentale d'Hemsworth, un peu parachutée là par principe, soient si utiles). Sans compter que le casse envisagé n'est pas forcément assez marquant (ni dans son ampleur ni dans sa planification ni dans son exécution) pour captiver.
Ainsi, difficile de ne pas terminer avec un goût de déception, les parcours des personnages sont un choix, un propos assumé qui peut intéresser, mais l’exécution pêche sur trop d'aspects pour que le film décolle vraiment.