Crimson peak semblait être le rendez vous obligatoire de tous les amateurs d'horreur old school pur l'année 2015. Avec Guillermo del Toro aux commandes et la promesse de faire un film visuellement très ambitieux (reniflant du côté du gothique de Mario Bava (l'association verte-orange entre autres)) et misant essentiellement sur l'ambiance. Les ingrédients étaient déjà dévoilés dans la bande annonce (une love story, une famille chelou, une grande maison, des fantômes). Et déjà dedans on nous prévenait que les fantômes n'étaient pas là pour faire peur. Alors, quand ils nous mettent en garde contre Crimson peak, on sait déjà qu'ils ont raison et qu'il faut les écouter. C'est à partir d'ici que les choses se gâtent pour Crimson Peak, et qu'on rejoint l'essentiel des avis déjà énoncés.


Je vais donc jouer la carte du direct : Crimson Peak est ultra prometteur visuellement, et assez plat dans l'exécution. La seule petite surprise (bien maigre) de sa mise en scène consiste en la mort du père, qui n'intervient pas de la façon promise et se permet donc un peu de surprendre par sa violence. Pour le reste, tout arrive de façon attendue, hélas sans le soucis de dépoussiérer le matériau exploré. Le final et sa neige rouge sang promettait une débauche sanglante avec de nombreuses surprises fantastiques, il n'y a au final qu'un duel à l'arme blanche. Beaucoup de gadgets et peu de réelles révélations. C'est hélas ce qui tire vers le bas le film, qui s'étire sans parvenir à surprendre ou à insuffler un peu de vie ou d'originalité à sa formule. La première partie avec la découverte de l'univers et de la maison est donc la plus réussie car elle s'opère sans lassitude. Cette dernière commence hélas à arriver avec le jeu de piste fantômatique, qui explore dès lors des chemins balisés que nous avons déjà arpentés, plus jeunes. On est un peu moins impressionnables, et à une heure où la technologie nous offre le meilleur d'un genre, voir que les bons scénarios se raréfient même avec d'aussi bonnes intentions (Prometheus était aussi de ce bord) a quelque chose de décourageant. On ne va pas jeter la pierre à Crimson Peak (quand même, l'univers est suffisamment large pour qu'on y trouve des substituts), mais il y a un trou à combler dans la décennie 2010...

Voracinéphile
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le 9 nov. 2015

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