Lent comme la brume, lourd comme la culpabilité

Aujourd’hui, je vais vous parler du film Dans la brume de Sergeï Loznitsa, sorti en 2012, auquel j’ai attribué la note de 8.5 sur 10. C’est un film qui m’a profondément marqué, non pas par son action ou ses effets spectaculaires, mais par ce qu’il m’a fait ressentir longtemps après l’avoir vu. C’est une œuvre lente, exigeante, mais incroyablement puissante.


Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est le rythme. Le film prend son temps, vraiment. Les plans sont longs, silencieux, parfois presque inconfortables. Mais cette lenteur n’est pas là pour remplir — elle a du sens. Elle reflète le poids intérieur des personnages, leur doute, leur culpabilité, leur solitude. On est dans une guerre, oui, mais surtout dans une guerre morale.


Le personnage principal, Sushenya, est accusé à tort de collaboration avec l’ennemi. Et c’est là que tout le film bascule. On ne sait jamais vraiment s’il a fait le bon choix, ni même s’il a eu le choix. Et c’est cette incertitude, cette zone grise, que Loznitsa filme avec une intelligence rare. Le film ne donne pas de réponses, mais il pose des questions essentielles : qu’est-ce que l’honneur ? La trahison ? La survie ? Moi, ça m’a vraiment touché parce que ça m’a confronté à une réalité humaine complexe, loin des clichés de héros ou de traîtres.


Sur le plan visuel, le film est très sobre. Pas de musique appuyée, pas de mise en scène spectaculaire. Mais chaque plan est maîtrisé, pesé. On sent la forêt, la brume, le froid. On est plongé dans une ambiance étouffante, presque oppressante. Et cette ambiance colle parfaitement avec ce que vivent les personnages.


Côté jeu d’acteurs, Vladimir Svirskiy, dans le rôle de Sushenya, est bouleversant. Il ne fait pas de grands gestes, il ne crie pas. Il porte tout sur son regard, sur sa posture. C’est une performance tout en retenue, mais très forte. Les autres personnages viennent lui donner la réplique avec une intensité brute, plus directe, et ça crée un équilibre intéressant.


Alors oui, Dans la brume, c’est un film lent, froid, dur à regarder parfois. Mais pour moi, c’est aussi un film qui récompense. Il m’a poussé à réfléchir, à ressentir, à rester avec lui longtemps après la fin. Et c’est ça que je recherche dans un film : pas seulement passer un bon moment, mais être bousculé, intérieurement. C’est pour ça que je lui ai mis 8.5 sur 10.

CriticMaster
8
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le 30 avr. 2025

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