Après avoir effrayé une nouvelle génération de cinéphiles avec Ring et sa suite à la fin des années 90, Hideo Nakata est revenu en 2002 avec une nouvelle adaptation de Kôji Suzuki, à savoir la nouvelle "Dark Water" où une mère de famille fraichement divorcée va essayer de revivre avec sa fille dans un appartement lugubre et suintant qui abriterait le fantôme d'une fillette disparue deux ans plus tôt...
L'intrigue est intéressante à défaut d'être pleinement originale mais avec Nakata aux commandes, on était en droit de s'attendre à un produit horrifique du plus bel effet, le réalisateur japonais ayant fait ses preuves quant à savoir instaurer une ambiance glaçante et des jump scares efficaces. Sauf qu'ici, c'est tout bonnement raté. Le scénario avance à pas de fourmi, languissant et répétitif, ne se concentrant principalement que sur les difficultés de Yoshimi (Hitomi Kuroki) à élever son inconsciente de fille (Rio Kanno, très convaincante), elle qui s'aventure constamment dans les endroits les plus sombres et semble s'échapper à chaque fois pour rendre folle sa mère.
Les éléments fantastiques sont rares, en arrière-plan, n'intervenant que sporadiquement pour finalement se concrétiser en fin de bobine dans une longue séquence finale techniquement réussie mais vaine scénaristiquement. Les frissons espérés sont donc remplacés par un ennui mortel dont aucun des quelques passages inquiétants ne viendra nous réveiller, Nakata préférant s'intéresser aux difficultés d'une mère célibataire japonaise qu'à son intrigue fantastique pourtant au préalable digne d'intérêt. Manquant de frissons, de cinématographie et de poésie, Dark Water est une œuvre mineure, surestimée et dispensable, prouvant que le réalisateur de Ring n'a malheureusement rien d'un génie nippon.